Entre poissons et pêcheurs, François Hollande étrenne ses habits de candidat

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Entre turbots, bars, roussettes et pêcheurs, François Hollande étrennait vendredi dans le port de Boulogne-sur-Mer ses nouveaux habits de candidat aux primaires socialistes.

"Il faut comprendre la France dans toutes ses dimensions" : pour son premier déplacement à la rencontre des Français, dans la perspective de 2012, le député de Corrèze a choisi le premier port de pêche français, au lendemain de l'annonce de sa candidature.

"En Limousin c'est difficile de rencontrer un pêcheur, je fais en sorte que je puisse m'imprégner des sujets, des dossiers qui me paraissent essentiels", explique-t-il.

Quelques jours après un mouvement de grogne des pêcheurs boulonnais qui avaient bloqué le port lundi, François Hollande est venu à l'aube pour comprendre, "savoir ce qui inquiète, ce qui pose problème et comment on peut apporter des solutions".

Sur les quais, quasiment pas de pêcheurs. Ils sont partis en mer. Une rencontre avec leurs représentants dans un restaurant du port permet au candidat de prendre la mesure du malaise. On évoque la faiblesse des quotas, et la concurrence inégale entre pêcheurs français et étrangers, ces derniers utilisant de gros bateaux à la capacité de pêche largement supérieure.

"La concurrence est complètement déloyale", "on se bat pour travailler", "il faut une politique de concret, et pas une politique de bla-bla", tempêtent les pêcheurs. "Il faut pas attendre la grève, le blocage, le conflit pour agir, c'est trop tard. Il faut une gestion dans la durée", répond François Hollande.

Le candidat s'en prend au Front national, qui utilise "peurs", "exaspérations", "frustrations", pour offrir "un exutoire" et non "une solution". "Personne va imaginer qu'on va régler le problème de la pêche en sortant de l'Europe", dit-il.

Voyant dans les primaires un "tour préliminaire" de la présidentielle de 2012, il veut s'adresser "aux Français" plutôt qu'aux seuls adhérents ou sympathisants du PS.

"C'est une course longue. Il faut partir tôt, il faut comprendre, essayer de maîtriser les sujets", déclare François Hollande, portant blouse et casquette blanche dans une entreprise de transformation de poisson. Selon lui, il est temps d'aller "à l'essentiel". "Les Français demandent une incarnation, demandent des propositions", ajoute-t-il.

S'il faudra attendre pour savoir qui de Dominique Strauss-Kahn ou de Martine Aubry entrera dans la course, le président du conseil général de Corrèze met en avant ses "atouts": "liberté", "travail", "engagement".

Interrogé sur ce 1er avril entouré de poissons, François Hollande répond qu'"il faut toujours mettre un peu d'humour".

Démonstration un peu plus tard, lors d'une balade dans le centre-ville, ponctuée de serrages de mains avec des passants et des commerçants. Au stand de poissons "Chez Ginette", tenu par... Sylvie, il s'arrête sur un détail : "Y'a du Nutella. C'est pour mettre avec les crevettes ?"