Henri Guaino se demande «si l'antisarkozysme ne rend pas fou»

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Henri Guaino, conseiller spécial du président Nicolas Sarkozy, se demande«si l'antisarkozysme ne rend pas fou», et dénonce «le climat d'intolérance qui règne aujourd'hui», dans une interview à L'Express, daté du 30 mars au 5 avril.

Interrogé sur les critiques envers le chef de l'Etat et ses propos sur l'identité nationale ou la laïcité, Henri Guaino affirme qu'«aucun débat démocratique n'est possible si l'on n'échange plus que sur le registre de la caricature, de l'insulte ou du procès d'intention».

«Climat d'intolérance»

«Quand Nicolas Sarkozy évoque "l'homme africain", c'est raciste. Quand Aimé Césaire parle de "l'homme noir ", ça ne l'est pas», remarque Henri Guaino, faisant allusion au discours prononcé par le président à Dakar en juillet 2007. «A force, je finis par me demander si l'antisarkozysme ne rend pas fou!», s'exclame-t-il.

Le rédacteur des discours présidentiels affirme également que «ce n'est pas le fait de réfléchir sur l'identité nationale ou la laïcité qui fait monter l'extrême droite, c'est l'acharnement à vouloir éviter ces questions. S'interroger sur ce que signifie "être français" à l'heure de la mondialisation n'était tout de même pas absurde», argumente-t-il.

Selon lui, «l'échec du débat» sur l'identité nationale a «surtout démontré la difficulté de débattre dans le climat d'intolérance qui règne aujourd'hui».

«Il a fallu plus de cent ans pour que le catholicisme intègre l'héritage des lumières et de la Révolution»

Faisant allusion à la convention sur la laïcité de l'UMP le 5 avril, très critiquée à gauche mais aussi à droite, le conseiller de Nicolas Sarkozy affirme: «il faut prendre grand soin de ne blesser personne. Mais poser aujourd'hui le problème de la construction d'un islam de France n'est que l'expression de nos valeurs les plus profondes, incompatibles avec toutes formes de communautarisme».

«Il a fallu plus de cent ans pour que le catholicisme intègre l'héritage des lumières et de la Révolution. Avec l'islam, cela ne se fera pas non plus en un jour», ajoute-t-il.