Débat sur la laïcité: «Je ne pense pas que les musulmans sont stigmatisés»

INTERVIEW Valérie Rosso-Debord, député UMP de Meurthe-et-Moselle, revient sur le débat sur la laïcité...

Propos recueillis par Baptiste Thion

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Valérie Rosso-Debord, députée UMP de la Meurthe-et-Moselle, sur le plateau de LCI, le 10 mars 2011
Valérie Rosso-Debord, députée UMP de la Meurthe-et-Moselle, sur le plateau de LCI, le 10 mars 2011 — IBO/SIPA

A la base, le débat sur la laïcité semblait surtout concerner l’islam. Ne craignez-vous pas que les musulmans de France finissent par se sentir stigmatisés?
Je ne pense pas. Quand on a fait la loi sur le voile en 2004, les musulmans de France, qui sont républicains, l’ont tout à fait acceptée. Lorsque la loi de 1905 a été créée, la religion musulmane n’était quasiment pas présente en France. Aujourd’hui, c’est de notre responsabilité de tenir compte de cette existence. Il est important de ne pas laisser nos concitoyens sans réponse face à certaines situations, même si elles sont rares. Je pense par exemple au respect de la laïcité dans les hôpitaux ou dans tous les services qui bénéficient d’argent public. Et puis la pire des choses serait de laisser le FN en parler. Le Front national n’apporte aucune solution, à part la haine.

Le FN a évoqué le financement indirect des lieux de cultes. De quoi parle-t-il ?
Il n’y a pas d’entorse à la laïcité. La loi 1905 est très claire là-dessus: pas de financement public. Pour financer un lieu de culte, les collectivités locales peuvent mettre à disposition un terrain par l’intermédiaire du bail emphytéotique. Les associations, religieuses ou autres d’ailleurs, louent le terrain en question, mais ce dernier appartient toujours à la collectivité. Une association culturelle financée par la loi 1901 peut également louer une salle à une association cultuelle. Il n’y a pas de financement indirect des lieux de culte. Le FN, comme d’habitude, veut chercher la petite bête. Les lieux de culte peuvent aussi être financés par l’intermédiaire de dons.
 
A ce propos, certains financements en provenance de pays comme l’Arabie Saoudite notamment sont également pointés du doigt…
C’est pour cette raison que le mardi 5 avril, nous allons faire des propositions sur la transparence financière et sur la formation des imams. Par la formation des imams, j’entends les valeurs de la république que l’on veut donner.

 
 Vous avez récemment soutenu Benoist Apparu. Comme lui, vous n’excluez pas un aménagement de la loi 1905. Que pensez-vous des reproches qu’on lui a fait au sein de la majorité?
La loi 1905 a été modifiée treize fois depuis 1905, donc on peut toujours l’aménager. Nous, nous voulons assurer le vivre ensemble. Pour le reste, on parle bien de ce qu’on connaît bien, sinon on n’en parle pas.
 
Si vous souhaitez débattre de la laïcité, vous pouvez laisser vos commentaires sur le débat 20minutes.fr «Faut-il débattre de la laïcité» ?