Christian Pierret: «Les primaires sont devenues un petit jeu de société entre amis»

POLITIQUE L'ex ministre PS de l'Industrie, candidat aux primaires socialistes pour défendre les idées et valeurs de la sociale démocratie a répondu aux questions de 20minutes...

Propos recueillis par Gaël Dégrées du Lou et Clémence Lemaistre

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Christian Pierret à 20Minutes le 31 mars 2011.
Christian Pierret à 20Minutes le 31 mars 2011. — Alexandre Gelebart / 20Minutes

Que pensez-vous des primaires socialistes?

C’était une bonne idée à l’origine, vivifiante, innovante. Mais les primaires ont été confisquées par des candidats officiels auto proclamés: elles sont devenues un petit jeu de société entre amis; les primaires c’est du béton pré contraint avec un coffrage déjà fait; pour en faire parti il faut être dans le moule. De plus, c’est un non-sens  de présenter le programme avant d’avoir choisi un candidat, qui devra mettre des habits qui ne sont pas taillés pour lui. Martine Aubry doit jouer collectif pour les primaires.

Pourquoi vous présenter, alors?

Je souhaite faire passer mes idées: il faut une croissance plus forte pour lutter contre le chômage, une croissance différente pas uniquement basée sur l’intérêt des actionnaires, mais une croissance du développement durable à laquelle les gens sont associés, une croissance innovante en matière sociale, en recherche scientifique. Innovante pour l’école aussi, qu’il faut entièrement réformer de la maternelle à l’université, avec  des cours le matin et de la culture ou du sport l’après-midi.

Quelles mesures phares prendriez-vous si vous étiez élu à la présidence de la République?

Il faut reformer le crédit impôt recherche, baisser les charges sociales et fiscales de l’innovation, réformer l’école, aller plus loin dans l’autonomie des universités et renforcer l’épargne pour la  mobiliser au service de l’entreprise et enfin réduire le déficit budgétaire notamment en augmentant la TVA de 19,6% à 22,6% sur trois ans, sans toucher à la TVA à 5,5%.

Vous vous dites social-démocrate, qu’est-ce que cela veut dire pour vous?

Tous les partis européens ont fait leur mue et sont sociaux-démocrates. Il faut passer de l’affirmation ultra-gauche à la réalisation de réformes du possible; c’est exactement le contraire du projet «égalité réelle» qui a été présenté par les socialistes et qui est un catalogue de promesses impossibles à tenir. Il faut être crédible et prioritiser les réformes, on ne peut pas tout faire en cinq ans. Les Français détestent les politiques car ils ne leur parlent pas de leur vie. Il  faut arrêter les petites formules comme le fait François Hollande ou ânonner des vieilles idées comme Martine Aubry; le futur candidat devra être courageux avoir un programme cohérent et éthique et s’inspirer  des besoins des Français. Pour une France plus juste, plus forte, moderne et diverse.

Que pensez-vous de François Hollande, qui est assez proche de ces idées sociale-démocrates?

Il a géré le PS comme un bon notaire gérant une indivision, avec le sourire; mais il n’a pas tranché les débats quand il était premier secrétaire. Le PS français est le seul parti socialiste européen à ne pas avoir effectué sa mue, en devenant social-démocrate. Le PS aujourd’hui doit choisir.

Si vous n’êtes pas désigné candidat qui pourrait porter vos idées?

DSK est celui qui s’en approche le plus, il sait que l’on ne peut pas sortir de la situation industrielle et financière de la France sans faire d’efforts.