Hauts-de-Seine: Patrick Devedjian triomphe après avoir fait plier le clan Sarkozy

© 2011 AFP
— 

Patrick Devedjian (UMP), réélu jeudi à la tête du conseil général des Hauts-de-Seine, a pu savourer son triomphe après le ralliement du clan Sarkozy, contraint de le soutenir après ses déconvenues aux élections cantonales.

Avant l'élection, certains rivaux avaient laissé planer la menace de candidatures dissidentes au sein de la majorité départementale UMP-Nouveau Centre. Finalement, Patrick Devedjian, candidat unique, a raflé la quasi-totalité des votes des conseillers de droite.

Le sourire aux lèvres, le "survivant" - comme il lui plaît de se décrire - a pris tout son temps pour gagner son fauteuil, pour lequel une pléthore de conseillers généraux UMP s'étaient écharpés tout au long de la campagne.

En froid avec sa majorité depuis des mois, lâché par le président de la République pour sa candidature au poste de président de la fédération UMP des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian n'avait plus rien du candidat idéal pour le poste, il y a tout juste une semaine.

Son ennemie de toujours, Isabelle Balkany, ne s'était pas privée de le faire savoir. Mais elle a été sèchement battue par un candidat divers droite inconnu du grand public, Arnaud de Courson.

Tirant les leçons de cet échec édifiant pour l'UMP, Nicolas Sarkozy avait convoqué lundi à l'Elysée son fils cadet, Jean, président de la majorité départementale, et Patrick Devedjian, pour apporter son soutien à ce dernier, sifflant l'arrêt de la récréation dans son ancien fief électoral.

Le président du conseil général a affirmé qu'il avait "entendu" l'avis donné par Nicolas Sarkozy, tout en estimant que ceux qui avaient annoncé sa mort avaient désormais "un sujet de réflexion".

"Content" d'avoir été réélu, M. Devedjian a estimé que "le plus important était de se mettre au travail", saluant au passage Isabelle Balkany.

Une bonne résolution accueillie avec joie par la gauche. "La paix des braves est conclue, j'espère que la guerre des egos ne va pas recommencer !", s'est réjouie la socialiste Martine Gouriet.

"J'espère que la paix va durer longtemps et je ferai tout pour qu'il en soit ainsi", a promis M. Devedjian aux journalistes venus en masse.

Le plus médiatique des conseillers généraux, Jean Sarkozy, s'est montré discret, acceptant de quitter la présidence de la majorité pour prendre la vice-présidence, chargée de l'économie solidaire et sociale.

Pendant la séance, le maire (DVD) de Neuilly, Jean-Christophe Fromantin, élu triomphalement face à une candidate adoubée par le président de la République, a annoncé la formation d'un groupe indépendant de celui de la majorité avec deux autres élus divers droite, tout en déclarant "sa solidarité avec le nouvel exécutif".

"Il faut que la majorité soit rassemblée le plus largement possible mais bien sûr chacun est libre", a commenté M. Devedjian.

Pourtant, M. Fromantin avait pensé présenter une candidature de "réaction" avant d'y renoncer. "J'avais pris des engagements vis-à-vis de mes électeurs à qui j'avais promis de rejoindre la majorité (...). Ma famille politique, c'est la droite", a-t-il affirmé.

Pour autant, les Hauts-de-Seine ne doivent pas "être un marche-pied pour les élections présidentielles", a estimé M. Fromantin, affirmant qu'il serait "vigilant".

Quant au tombeur d'Isabelle Balkany, Arnaud de Courson, proche de M. Fromantin, il a assuré vouloir "remettre du sens et de l'éthique" dans le département.