Bouches-du-Rhône: Jean-Noël Guérini réélu dans un fauteuil

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Le plein des voix dans ses rangs et pas une abstention : le socialiste Jean-Noël Guérini a été réélu dans un fauteuil jeudi à la tête du conseil général des Bouches-du-Rhône, au terme d'un scrutin marqué par les affaires de son frère et les attaques d'Arnaud Montebourg.

Celui qui préside la collectivité depuis 1998 a même obtenu trois voix en plus des 37 que comptait sa majorité sur le papier (31 PS et 6 PCF), contre 17 sièges à l'UMP et ses alliés, un DVD et deux non inscrits.

"Merci à ces troix voix, je ne sais pas lesquelles, on verra bien... Comme quoi, j'arrive à rassembler au-delà de mon camp. Je suis debout et fier avec le soutien de mes amis socialistes, communistes et d'autres amis", a déclaré M. Guérini, regardant vers le banc des non inscrits.

Y siège notamment le maire de Marignane, Eric Le Dissès, pour qui l'UMP a appelé à voter au second tour après avoir refusé d'arbitrer le premier entre plusieurs candidatures à droite, dont la sienne.

En délicatesse depuis l'incarcération de son frère Alexandre dans une affaire touchant à des marchés publics, où son propre nom apparaît dans certaines pièces, Jean-Noël Guérini, 60 ans, a malgré tout fait l'unanimité dans son camp. "La parfaite illustration du système Guérini", a commenté le député UMP Renaud Muselier, son farouche adversaire.

Depuis la divulgation dans la presse, en mars, d'un rapport incendiaire du député PS Arnaud Montebourg sur le fonctionnement de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, passée aux mains de M. Guérini en 2010, des rumeurs de putsch ont parcouru la ville. Mais rares sont les voix à s'être levées publiquement contre le sénateur et au final aucune ne lui a manqué jeudi.

Seul candidat face à l'UMP Martine Vassal, M. Guérini était promis à sa réélection, fort du soutien obtenu à l'issue d'une réunion du groupe socialiste mercredi, où certains prédisaient pourtant "une nuit de la Saint-Barthélémy", a-t-il ironisé devant la presse.

Le décompte des bulletins s'est achevé par une standing ovation à l'annonce du nom du vainqueur. Dans le public, d'anciens barons du PS départemental étaient venus en nombre. Et même le curé de la paroisse du Panier, fief marseillais de M. Guérini.

Après le vote, le premier des élus dont le président a serré la main a été le socialiste Michel Pezet, dont le nom circulait depuis quelques semaines comme successeur potentiel. Aux journalistes, M. Guérini a affirmé n'avoir "jamais douté" et être reconduit "en plein accord avec Martine Aubry", qualifiée de "Madone du clan des Siciliens" par le ministre Laurent Wauquiez.

Revenant sur le climat "violent et délétère" de la campagne, M. Guérini en a profité pour régler quelques comptes.

"J'en ai ras-le-bol de recevoir des leçons de certains responsables de l'UMP", a-t-il lâché, qualifiant aussi les militants du "Renouveau PS 13", qui appelait au changement, de "groupuscule". Quant à son frère, s'il a fauté, "il en répondra devant la justice. Pour autant, il n'existe pas encore, que je sache, de délit de fraternité".

M. Guérini a enfin confirmé qu'il démissionnait de la tête de la fédération départementale du PS, sur laquelle une commission d'enquête constituée par Solférino va se pencher. Et promis de nouvelles méthodes de gouvernance au conseil général, proposant notamment la commission des finances à l'opposition, une "compromission" qu'exclut l'UMP Martine Vassal.