François Hollande en course pour la présidentielle 2012

© 2011 AFP

— 

C'est depuis son fief électoral de Tulle que François Hollande a annoncé jeudi après-midi sa candidature aux primaires socialistes à la présidentielle de 2012, dans la foulée de sa réélection à la présidence du conseil général de la Corrèze.

"Ici à Tulle, devant vous, j'ai décidé de présenter ma candidature à l'élection présidentielle à travers la primaire socialiste", a lancé François Hollande sous les acclamations d'une centaine de militants et élus socialistes venus le soutenir.

De manière très solennelle, celui qui avait été réélu jeudi matin à la tête de la Corrèze, préalable qu'il s'était fixé avant de briguer l'investiture du PS dans la course à l'Elysée, François Hollande, 56 ans, a expliqué les raisons de sa candidature.

"C'est un moment exceptionnellement difficile pour notre pays. La gauche doit se situer à la hauteur des enjeux. Sinon, le pire est à craindre : l'extrêmisme, la défiance, la résignation", a-t-il dit, dans un discours d'une dizaine de minutes.

"La gauche doit être à la hauteur de la tâche qui lui est confiée. Elle doit dire la vérité et en même temps, elle doit lever une espérance, écrire une nouvelle page de notre histoire. Ouvrir une période de changement et de progrès et montrer qu'un chemin est possible, que la France peut avancer", a lancé d'un ton grave, l'ancien premier secrétaire du PS (1997 à 2008).

Pour cela, son mot d'ordre est de mettre "la France en avant", ce qui signifie notamment "réconcilier", "rassembler", "unir autour des principes républicains, la dignité humaine, la liberté mais aussi la laïcité qui ne doit pas être un sujet de débats et encore moins un pugilat".

Selon lui, "mettre la France en avant", c'est aussi "porter un message fort en Europe (...) et dans le monde : celui des droits de l'Homme, de l'émancipation des peuples".

François Hollande, qui est élu en Corrèze depuis près de 30 ans, avait tenu, dès le départ, à faire acte de candidature sur ses terres, d'où il estime tirer sa légitimité.

"C'est en effet ici par le suffrage que je tire ma légitimité et la force de mon engagement. Comment prétendre à la plus haute responsabilité, si un jour elle m'est confiée, si je n'avais pas au préalable la confiance de ceux qui me connaissent", a dit l'ancien maire de Tulle (2001 à 2008), salué par les militants.

"Il est important de le soutenir et de dire qu'on est avec lui. Il est sérieux, raisonnable, honnête, ne promet pas la lune et est plus rassembleur que les autres", soutenait Carmen Linford, une militante socialiste corrézienne.

"Ses convictions politiques font que c'est le meilleur de tous, il n'a pas de langue de bois et mérite d'y être et je pense qu'aujourd'hui, il a plus que jamais ses chances", affirmait pour sa part Jean-Baptiste Peyrat, adjoint socialiste à la mairie d'Allassac.

Quelques heures plus tard, invité du journal de 20H de France 2, M. Hollande a affirmé qu'il irait "jusqu'au bout", même si le poids lourd socialiste Dominique Strauss-Kahn se présentait.

"Si je me porte candidat, c'est pour aller jusqu'au bout", a-t-il assuré. "Je ne sais pas quels seront les sondages", a-t-il cependant ajouté.

Après son annonce attendue depuis plusieurs mois, François Hollande rejoint son ex-compagne et ex candidate à l'Elysée en 2007 Ségolène Royal, ainsi que les députés Manuel Valls et Arnaud Montebourg, dans la liste des candidats aux primaires socialistes.