UMP: Jean-François Copé peine à assurer la cohésion

POLITIQUE Le parti présidentiel est en proie à de vives tensions entre ses «familles», du fait de «la droitisation de la ligne»...

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Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, lors d'une conférence de presse, le 30 mars 2011.
Jean-François Copé, secrétaire général de l'UMP, lors d'une conférence de presse, le 30 mars 2011. — WITT/SIPA

Cinq mois après sa prise de fonctions à la tête de l'UMP, Jean-François Copé traverse une zone de fortes turbulences, révélant les difficultés croissantes à assurer la synthèse entre les centristes et l'aile droite du parti, face au grand retour du Front national.

Jean-François Copé, intronisé mi-novembre, à un moment où le parti présidentiel, né de la fusion du RPR, de l'UDF et de DL, était déjà en proie à de vives tensions entre ces «familles», s'était assigné pour mission de les fédérer sous la bannière de Nicolas Sarkozy. A treize mois de la présidentielle, sa tâche est sérieusement compliquée par une percée du Front national, amorcée aux régionales et confirmée aux cantonales.

«Marine Le Pen nous a poussés à la faute»

Comment dans ces conditions maintenir la cohésion de la majorité? «Le test pour la solidité d'un parti, c'est évidemment les périodes difficiles. On ne peut pas présager de ce qui se passera, mais je parle énormément avec Jean-Louis Borloo, le chef de file des radicaux, partenaires de l'UMP, et tous les centristes en général», répond le numéro un du parti majoritaire.

La montée en puissance de Marine Le Pen et l'impopularité croissante de Nicolas Sarkozy - désormais disqualifié dès le premier tour de la présidentielle au profit de la patronne du FN, selon plusieurs sondages - a conduit l'Elysée à pousser l'UMP en première ligne sur les sujets qui étaient traditionnellement dévolus au parti frontiste: l'immigration et la sécurité. «Marine Le Pen nous a surtout poussés à la faute sur des sujets qui ne nous rapportent rien électoralement», déplore un responsable centriste.

Un profond malaise dans la majorité

Pour beaucoup, l'interminable polémique sur la laïcité qui a parasité la campagne cantonale et mis le feu aux poudres au lendemain du second tour n'est que le «révélateur» d'un profond malaise dans la majorité lié à «la droitisation de la ligne». «Aujourd'hui, il y a deux majorités présidentielles", selon le chef de file des Radicaux, Jean-Louis Borloo. D'un côté une droite sécuritaire, incarnée notamment par le club de la Droite populaire (une cinquantaine de députés UMP). De l'autre, les alliés centristes, Radicaux en tête, se revendiquant des valeurs «humanistes et républicaines», qui, eux ne participeront pas à la convention organisée par M. Copé à la demande de l'Elysée le 5 avril.

La «droitisation» du grand partenaire UMP, enclenchée l'été dernier avec l'affaire des Roms et le discours sécuritaire du chef de l'Etat à Grenoble, puis exacerbé avec le débat sur la laïcité, conforte la démarche des centristes visant à faire émerger «une alternative» crédible. «Il faut que cette opération se fasse avant l'été», selon le chef de la Gauche moderne Jean-Marie Bockel, partenaire de cette intiative. Pour Jean-Marie Cavada (Nouveau Centre), il faut «répondre à la situation de fracture politique que nous voyons venir».

«Rassemblement centriste»

«C'est vraiment l'heure du rassemblement centriste», annonce Jean Arthuis (Alliance centriste) qui ne veut plus «courir après le FN», mais plutôt «occuper l'espace central» et tendre avec ses amis la main à François Bayrou. «Un seul courant politique», «un seul candidat» et pas de «confusion avec l'UMP», répond le patron du MoDem. Quant aux 500 parrainages nécessaires à une candidature «alternative» du Centre en 2012, M. Borloo explique qu'il suffira de «se baisser pour les ramasser».

«Je suis gaulliste» et «je regretterai profondément que ma famille politique se sépare tout d'un coup de son aile centriste», s'est alarmé le ministre Bruno Le Maire, qui assure que l'UMP «doit rester un melting pot».