Primaires socialistes : l'heure de François Hollande sonne jeudi

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Après avoir patiemment attendu son heure, François Hollande annoncera jeudi depuis son fief corrézien sa candidature aux primaires socialistes, mettant fin à un faux suspense et officialisant une ambition désormais prise au sérieux par ses rivaux socialistes.

L'ancien patron du PS fera sa déclaration dans la foulée de sa réélection - assurée - à la tête du Conseil général de Corrèze. Une déclaration "courte, simple", d'après ses proches, au milieu des militants corréziens, avant de regagner Paris pour le 20H00 de France 2.

Martine Aubry a été prévenue, indique l'entourage de François Hollande, dont la candidature, qu'il avait conditionnée à son succès aux cantonales, était un secret de Polichinelle depuis maintenant plusieurs mois.

L'ancien premier secrétaire du PS, qui avait passé son tour en 2007, brigue ainsi pour la première fois l'investiture de son parti pour la magistrature suprême. Et, après plusieurs mois de campagne sur le terrain et une montée lente mais régulière dans les sondages, rejoint Manuel Valls, Ségolène Royal et Arnaud Montebourg dans l'arène des primaires.

"J'ai construit quelque chose de patient et de cohérent", estimait-il déjà il y a quelques semaines.

Le succès en Corrèze acquis, le calendrier était serré pour l'annonce. M. Hollande, réputé pour son humour, ne pouvait tout de même pas déclarer sa candidature un 1er avril. Samedi 2 avril, la première secrétaire Martine Aubry doit tenir à Paris un discours sur la jeunesse, thème de prédilection de François Hollande.

La semaine suivante sera ensuite consacrée au projet du PS, et le télescopage aurait été dommageable. Restait donc jeudi.

"Une déclaration de candidature, c'est très important. Certaines n'ont pas besoin d'être dites, d'autres sont ratées. Il faut attendre le moment où les Français sont réceptifs à un message", expliquait François Hollande en début d'année, alors que les sondages commençaient à frémir pour lui.

Quant au sens de cette candidature, l'ex-patron socialiste l'explique par le besoin des Français d'avoir "un président normal" à la tête du pays et met en avant ses idées force : offrir un avenir à la jeunesse, conclure "un pacte générationnel" et assurer une redistribution plus juste par une réforme de la fiscalité.

Des idées "empruntées" dans les textes du PS, grince-t-on rue de Solférino, où la candidature de François Hollande est loin d'être appréciée.

Nombre de socialistes lui reprochent son bilan "désastreux" à la tête du parti, où il est resté 11 ans. Les relations avec la femme qui lui succédé, Martine Aubry, qui se targue d'avoir remis le parti au travail, sont notoirement difficiles, et la première secrétaire a du mal à cacher son inimitié.

"Quel suspense ! Je n'ai pas dormi de la nuit, j'ai dû prendre des somnifères", lâchait-elle lors de la soirée du deuxième tour des cantonales, évoquant la victoire de la gauche en Corrèze.

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, appelle lui à la "responsabilité", estimant que toute déclaration de candidature serait plus "légitime" après la présentation du projet socialiste, pour ne pas parasiter les débats de fond.

Mais c'est du côté des partisans de Dominique Strauss-Kahn que viennent les attaques les plus dures, où l'on présente Hollande comme "le candidat des bobos parisiens" et où l'on s'irrite d'une candidature située sur le même créneau idéologique que celle de DSK.

"Les strauss-kahniens nous ont dit récemment qu'on pouvait +s'amuser+ et négocier avant la déclaration de candidature de DSK, mais qu'après, on compterait les morceaux", racontait récemment un proche de François Hollande.

Ce dernier assure qu'il ira jusqu'au bout, même si le patron du Fonds monétaire international se présente.