Tensions Copé/Fillon: "dans la vie il faut prendre des risques!"

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"Dans la vie, il faut aussi prendre des risques!", a déclaré mercredi le secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé à l'intention de ceux qui critiquent sa méthode et les débats à l'UMP, visant implicitement le Premier ministre François Fillon.

M. Copé a lancé cette phrase au lendemain de sa vive passe d'armes avec M. Fillon à qui il a publiquement reproché sa "posture" et ses revirements sur des sur des sujets, qui avaient été, selon lui, calés en amont avec l'Elysée et Matignon, comme les 35 heures, les consignes de vote aux cantonales ou encore la laïcité.

"Dans la vie, il faut aussi prendre des risques. Si on n'est que sur des sujets à l'eau tiède, là on est tranquille, on est sûr que l'on ne dérangera personne", a-t-il expliqué à l'issue du bureau politique hebdomadaire de l'UMP. "Et en même temps les choses n'avanceront pas. Moi, c'est pas le choix que j'ai fait", a-t-il ajouté.

"Les responsabilités d'un grand parti politique, c'est d'organiser des réunions, de faire des débats, de faire des propositions", a poursuivi le député-maire de Meaux. "Je suis bien conscient que cela suscite des critiques (...) mais on n'est dupe de rien".

Revenant sur ses attaques contre le chef du gouvernement sur le plateau de Canal+ lundi, le chef du parti majoritaire a enchaîné: "de temps en temps, il m'arrive de mettre les pieds dans le plat lorsque le devoir de solidarité doit s'imposer mais une fois que je l'ai fait je reviens au travail que je dois faire avec mes amis".

Un député proche de M. Copé a confié mercredi à l'AFP, à l'issue du point-presse de M. Copé, qu'il n'avait "pas fait par hasard" ses déclarations sur Canal+. "Ce n'était pas un dérapage et il a le soutien total de l'Elysée", a insisté ce député.

"Et même si sur le moment ça a fait monter Fillon au créneau parce qu'il a eu peur, ce que Copé a dit c'est ce que de très, très nombreux députés disent de manière de moins en moins dissimulée".

Et ce cadre de l'UMP d'ajouter: "aujourd'hui, le maillon faible, c'est Matignon! Fillon est dans l'inaction parce qu'il est plutôt dans la perspective d'une offensive alternative".