Copé répond aux responsables religieux en justifiant le débat sur la laïcité

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Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a une nouvelle fois justifié mercredi la convention très controversée de son parti sur la laïcité prévue le 5 avril à la demande de l'Elysée, en la présentant comme une contribution au "combat collectif contre l'ignorance".

"Notre combat collectif est contre l'ignorance et pour le dialogue et l'écoute", a-t-il dit lors d'un point-presse où il était interrogé sur une tribune des responsables des cultes en France, désapprouvant ce débat.

"Dialogue et écoute (..) ce sont des mots qui doivent forcément sonner de manière positive à des responsables religieux comme à des responsables laïcs attachés à la République. Et là, on est tout à fait dans le rôle d'un parti politique", a ajouté M. Copé, en réponse à cette tribune.

"Faut-il dans le contexte actuel un débat sur la laïcité?", s'interrogent les représentants des six grandes religions de France (catholique, orthodoxe, musulmane, protestante, juive, bouddhiste). Ils posent une autre question: "Un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul?".

La réponse est "oui", selon M. Copé. "C'est à un grand parti politique de traiter des questions du pacte de la République laïque, à condition que ce ne soit pas dans une logique de stigmatisation", a-t-il expliqué. "Ca tombe bien car ce débat n'est pas une démarche de stigmatisation bien au contraire".

"C'est une démarche de respect, de tolérance, mais aussi de rappel de ce que sont les droits et les devoirs dans notre société", a fait valoir le numéro un de l'UMP.

Ce que doit faire un parti politique "en amont" d'un débat, selon M. Copé, "c'est de rencontrer les grandes personnalités qui réfléchissent à ces sujets".

"C'est ce que nous avons fait. J'ai d'ailleurs vu un très grand nombre de signataires de cet appel", avant le débat, a-t-il précisé.

"Et pour tout vous dire leur interrogation sur le fait de savoir si c'est à un parti de le faire, c'est une interrogation que nous avons eue ensemble lorsque nous en avons parlé avec eux, quasiment avec chacun d'entre eux", a-t-il ajouté.

"Je leur ai dit que le rôle d'un parti n'était absolument pas de prendre des décisions mais bien de proposer un certain nombre de choses". "Ensuite, il revient au gouvernement de mettre ou non en oeuvre", a-t-il ajouté.