Le débat sur la laïcité: Une «erreur» pour Dominique de Villepin

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Dominique de Villepin a estimé mercredi que le débat sur la laïcité prévu le 5 avril par l'UMP était une «erreur» et qu'il fallait «à un moment donné constater l'échec».

Invité de Questions d'Info LCP/France Info/AFP, l'ancien Premier ministre et président de République Solidaire (RS) a fait valoir que «ce débat avait pour seul mérite - mérite avec des guillemets - de faire progresser le Front national». «Il se fait sur une base totalement virtuelle, il nous éloigne des priorités et des préoccupations des Français», a-t-il poursuivi, en ajoutant : «il faut savoir à un moment donné constater l'échec». «Ce débat est une mauvaise idée et la politique, surtout quand les choses sont difficiles, c'est parfois de reconnaître qu'on a fait une erreur».

Comme on lui demandait si ce débat procédait d'un calcul électoral, il a répondu: «souvent quand on dit c'est politique, en réalité c'est une habileté». Or, a poursuivi Dominique de Villepin, «ce n'est pas la vocation des hommes politiques de se conscarer à des habiletés, qui se retournent finalement contre eux et ne sont plus des habilités».

L'ancien Premier ministre s'est dit «heureux de voir que l'ensemble des églises (étaient) d'accord pour considérer que ce (n'était) pas le bon moment et que ce (n'était) pas la bonne façon», d'aborder la question de la laïcité. «Ce n'est pas le moment, car nous sommes dans une période de très grande tension, de très grande souffrance des Français, où il faut donner la priorité à leurs vraies préoccupations que sont l'emploi, le pouvoir d'achat, la sécurité», a-t-il dit.

Pour lui, il ne faut «pas utiliser un certain nombre de thèmes, comme l'immigration, qui sont susceptibles de diviser les Français là où il faut agir». «En ce qui concerne la méthode, ce n'est pas au parti majoritaire de lancer un tel débat. C'est un débat d'intérêt général, d'intérêt national. On voit bien que les conditions ne sont pas réunies», a-t-il conclu.