UMP: Christian Estrosi part en guerre contre le «copéisme»

POLITIQUE L'ex-ministre de l'Industrie s'en prend à Jean-François Copé...

M.P.

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L'ex-ministre de l'Industrie Christian Estrosi a plaidé mardi pour un report de l'élection du président du groupe UMP à l'Assemblée, le temps de retrouver son siège de député et d'avoir "une visibilité" sur l'attitude des centristes, qui envisagent de créer leur propre groupe.
L'ex-ministre de l'Industrie Christian Estrosi a plaidé mardi pour un report de l'élection du président du groupe UMP à l'Assemblée, le temps de retrouver son siège de député et d'avoir "une visibilité" sur l'attitude des centristes, qui envisagent de créer leur propre groupe. — Joel Saget AFP

Même si Jean-François Copé et François Fillon ont très officiellement enterré la hache de guerre, l’UMP n’est pas complètement pacifiée. Christian Estrosi, sarkozyste historique, a décoché des flèches contre l’actuel secrétaire général de l’UMP. Sur une ligne étonnante pour un ex-porte-flingue de l’UMP, l’ancien ministre demande dans Nice-Matin que le parti majoritaire «soit dans l'action pour apporter des réponses concrètes aux Français».

Pour lui, le parti majoritaire ne tient plus son rôle, celui de répondre aux vraies problématiques des Français. «Il y a ceux, de plus en plus minoritaires, qui continuent à attendre des débats qui ne sont pas la préoccupation majeure des Français et ceux qui, comme moi, souhaitent que nous soyons dans l'action pour apporter des réponses concrètes au quotidien des Français», explique-t-il dans le journal local. Dans son viseur, le débat sur la laïcité, pourtant soutenu par son mentor, Nicolas Sarkozy. «Je suis pour que les différences puissent s'exprimer mais je refuse qu'on nous impose une unité ressemblant à une pensée qui s'appellerait le 'copéisme'», dit encore le maire de Nice.

Fibre sociale

L’ultra-sarkozyste, qui a défendu ardemment le discours de Grenoble du chef de l’Etat,  en proposant  par exemple de sanctionner financièrement les maires défaillants en matière sécuritaire, fait désormais valoir sa fibre sociale. Il milite pour la baisse du prix de l’essence, vu les bénéfices de Total ou sur l’impôt sur les sociétés auxquelles certains groupes du CAC 40 ne sont pas soumis, d’après lui. «C’est là un sujet plus concret qu’un débat sur l’islam ou la laïcité!», assure-t-il.

Mardi, déjà, le maire de Nice s’était distingué en réclamant, comme Dominique Paillé, des excuses publiques à Jean-François Copé pour sa charge sur François Fillon. Et lorsqu’il a entendu Nicolas Sarkozy rappeler à l’ordre sa majorité sur le thème de la «solidarité», l’ex-ministre de l’Industrie a lâché cette phrase:  «Je n'accepte pas le coup de la solidarité. Pas ça, pas eux, pas à moi! Il faut de la lucidité. Refuser de dire la vérité, ne pas dire que les cantonales ont été une défaite, ce serait un déni (...) Je suis un ami loyal, fidèle et sincère du président, pas un courtisan».