Mais où est passée Ségolène Royal?

POLITIQUE Très discrète dans les médias depuis de nombreuses semaines, la candidate aux primaires socialistes passera à l'offensive en juillet...

Matthieu Goar et Gilles Wallon

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Capture d'écran de l'intervention de Ségolène Royal dans l'émission A vous de juger du 16 novembre 2010.
Capture d'écran de l'intervention de Ségolène Royal dans l'émission A vous de juger du 16 novembre 2010. — 20MINUTES.FR

«A ce rythme-là, je ne sais même pas si elle n’abandonnera pas avant les primaires.» La pique est facile puisqu’elle vient d’un de ses adversaire à l’investiture, qui espère son retrait. Facile, mais pas infondée. A la dérive dans les sondages (dépassée par Strauss-Kahn, Aubry et Hollande) et inaudible dans les médias, son terrain de chasse habituel, Ségolène Royal, la candidate à la présidentielle 2007, a disparu. Délibérément?

Mardi, 300 militants acclamaient la présidente de Poitou-Charentes à la mairie du 4e, à Paris. Royal y tenait une de ses universités sur la justice. Un sujet aride, mais elle a fait salle comble. «Elle constitue toujours une force de levier incroyable», explique une proche.

La stratégie du terrain

Au rythme d’un à deux déplacements par semaine, Ségolène Royal mise sur le terrain. «Elle veut écouter les Français. Et quand on voit les résultats des cantonales, on ne peut pas lui donner tort», détaille Guillaume Garot, député de Mayenne. Du coup, ses lieutenants vendent une ancienne candidate assagie, à la recherche d’une maturité dans la boue des terroirs. «En ce moment, les vraies primaires, Ségolène est en train de les faire en circulant en France», expliquait récemment Pierre Bergé sur France Inter, l’un de ses soutiens en 2007.

Voilà pour le portrait de Royal, la « force tranquille ». Reste que la candidate aux primaires, qui a toujours maîtrisé les médias, semble avoir perdu la main. Pendant les cantonales, sa sortie sur «l’abstention, premier
parti de France», a énervé à Solférino. Pas au-delà. Et sa dernière apparition au «20 heures» de TF1 remonte au 12 octobre 2010. «Elle ne crée plus le prétexte pour qu’on l’invite», explique un journaliste politique télé. Etonnant pour une femme politique qui a souvent surfé sur des débats qu’elle provoquait. Et risqué à court terme.

Dans la dernière étude Ipsos pour France Télévisions, Royal est la seule candidate PS éjectée du second tour de la présidentielle. Mais cette discrétion médiatique ne serait que temporaire. A partir du mois de juillet, Royal devrait passer à la contre-offensive médiatique.