Clash Copé/Fillon: La presse souligne l'ampleur de la crise à l'UMP

REVUE DE PRESSE Pour les éditorialistes, l'événement est une nouvelle preuve de l'affaiblissement de Nicolas Sarkozy...

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Cette intronisation au poste de secrétaire général, qui était occupé depuis fin 2008 par Xavier Bertrand, s'est faite à l'occasion d'un bureau politique, instance suprême de l'UMP, réuni depuis 18H00 au siège national en présence du Premier ministre François Fillon.
Cette intronisation au poste de secrétaire général, qui était occupé depuis fin 2008 par Xavier Bertrand, s'est faite à l'occasion d'un bureau politique, instance suprême de l'UMP, réuni depuis 18H00 au siège national en présence du Premier ministre François Fillon. — Joel Saget AFP

«Syndrome du Titanic», «champ de bataille». Nombre d'éditorialistes soulignent ce mercredi l'ampleur de la crise à l'UMP, en pointant l'affaiblissement durable de Nicolas Sarkozy sur l'échiquier politique.

«L'UMP se donne des allures de bateau ivre»

«L'UMP, ce lourd paquebot de l'unité (...) est en train de se fissurer et de prendre l'eau», résume Bruno Dive dans l'éditorial de Sud-Ouest, intitulé «Syndrome du Titanic». Pour l'éditorialiste, ce naufrage est notamment dû à une série de «ruptures» pratiquées par le chef de l'Etat: «avec la neutralité de l'Etat (ou des partis) vis-à-vis des religions» et «avec 65 années d'étanchéité totale de la droite vis-à-vis de l'extrême droite»... «Tout cela pour masquer un échec sur les questions essentielles que sont pour les Français le pouvoir d'achat, l'emploi, la justice fiscale et sociale.»

Philippe Waucampt dans le Républicain Lorrain reprend la métaphore maritime: «Les cantonales ont libéré la parole dans la majorité. Et l'UMP se donne des allures de bateau ivre...», écrit-il, ajoutant que l'«éventualité d'une élimination au premier tour (...) dévalue l'autorité du président sur les siens».

«On dégoupille, on flingue, on balance, on casse, Copé en tête»

«La crise sans précédent qui secoue la majorité tient, en grande partie, de la rivalité entre ses chefs que Nicolas Sarkozy, trop affaibli, ne peut plus contenir...», renchérit Paul Quinio dans Libération. «Le chef de l'Etat est un caméléon qui a fini par décevoir toutes les sensibilités qu'il avait réunies sous un même toit.» «Le cocktail échec aux élections cantonales, plus débat sur la laïcité, plus poussée du Front national, est un véritable poison pour la majorité», affirme Michel Lepinay dans Paris Normandie.

«On dégoupille, on flingue, on balance, on casse, Copé en tête», s'insurge Hervé Chabaud dans L'Union/l'Ardennais. «Ce n'est plus un parti politique» mais «un champ de bataille». Pour lui, «si ce climat délétère persiste, beaucoup vont quitter le navire avant qu'il ne soit envoyé par le fond.»

«Au milieu de ce champ de mines, Sarkozy apparaît démuni»

«Les résultats des cantonales ont disloqué les rangs, au-delà de ce que l'on imagine», analyse Jacques Camus dans la République du Centre. Or «au milieu de ce champ de mines, Sarkozy apparaît démuni», assure François Martin dans Le Midi Libre. «Un général dont l'étoile pâlit. Semaine après semaine. Sondage après sondage. Sarkozy ou le désamour des Français.»

Guillaume Goubert dans La Croix insiste sur le fait que loin du débat controversé sur la laïcité à propos duquel la majorité se déchire, «les préoccupations principales des Français sont autres, ce sont l'emploi et la justice sociale». Et Xavier Panon (La Montagne) de résumer ainsi le divorce entre les Français et leurs gouvernants: «S'il y a de l'eau dans le gaz au sommet, c'est le prix du gaz qui inquiète à l'étage en dessous».