Laïcité: Les grandes religions disent non au débat lancé par l'UMP

RELIGION «Sans aucun esprit polémique ou partisan», écrivent leurs représentants...

M. P.

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L'archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois, arrive au palais  de l'Elysée pour un entretien avec le Président Nicolas Sarkozy, le 22  mai 2008 à Paris.
L'archevêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois, arrive au palais de l'Elysée pour un entretien avec le Président Nicolas Sarkozy, le 22 mai 2008 à Paris. — STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

A chaque jour, sa polémique concernant le fameux débat sur la laïcité qui doit être mené le 5 avril par l’UMP. Cette fois, ce n’est pas une querelle interne à la majorité, mais une prise de position claire, contre la tenue de ce débat, des représentants des six grandes religions en France. Dans cette déclaration commune publiée mercredi par le Parisien, catholiques (Mgr André Vingt-Trois), protestants (le pasteur Claude Baty), orthodoxes (le métropolite Emmanuel), juifs (le Grand Rabbin de France Gilles Bernheim), musulmans (le président du CFCM, Mohammed Moussaoui) et bouddhistes (le révérend Olivier Wang-Genh), «sans aucun esprit polémique ou partisan», s’opposent à cette initiative.

«La laïcité est un des piliers de notre pacte républicain, écrivent-ils, veillons à ne pas dilapider ce précieux acquis.» Et les représentants des six grandes religions d’enfoncer le clou: «Il nous paraît capital, pendant cette période préélectorale, de bien garder sereinement le cap en évitant amalgames et risques de stigmatisation. Le débat est toujours signe de santé et de vitalité. Le dialogue est toujours une nécessité (…). Mais un parti politique, fût-il majoritaire, est-il la bonne instance pour le conduire seul?», se demandent les signataires du texte.

Réponse à une «lettre à un ami musulman» de Copé

Si les représentants de six grandes confessions en France reconnaissent que «le devoir de ceux qui sont “en responsabilité” consiste à éclairer le chemin», «n'ajoutons pas de la confusion dans la période trouble que nous traversons, réclament-ils. Nous militons ensemble pour une laïcité de bonne intelligence.»

Cette déclaration est une pierre dans le jardin de l’UMP et de Jean-François Copé notamment, l’artisan du débat sur la laïcité. Il a d’ailleurs publié ce mardi une «lettre à un ami musulman» dans laquelle il explique, entre autres, qu’il ne veut surtout pas stigmatiser les musulmans.  Histoire de tenter de recadrer les discussions à une semaine du débat à haut risque.

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