Les tensions au sein de la majorité s'expriment au groupe UMP du Sénat

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Les fortes tensions qui secouent la majorité se sont également exprimées mardi lors de la réunion du groupe UMP qui a été houleuse et où plusieurs sénateurs ont mis en cause le style du président Nicolas Sarkozy, ont rapporté à l'AFP des participants.

Les sénateurs UMP ont exhorté de façon unanime les ministres "à travailler dans leurs ministères" et "à se taire", tandis que certains se sont interrogés sur l'utilité du débat sur la laïcité et l'islam.

"J'ai dit qu'on était d'accord sur les réformes mais pas forcément sur la méthode. Les gens ne supportent pas la manière d'être de la présidentialisation du régime actuel. On a dit : +Il faut que ça change, on ne peut pas intervenir à chaud sur tout, il faut prendre de la distance, le président est le président de tous les Français+", a déclaré le vice-président, Roland du Luart.

"On a demandé de façon très ferme que nos ministres fassent leur boulot et ne s'amusent pas à lancer des petites phrases, cela nous escagasse", a ajouté le sénateur de la Sarthe.

On a demandé que Jean-François "Copé reprenne son sang froid", a renchéri l'ancien ministre, Jean-Pierre Fourcade, tandis que l'ancien Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a réclamé une "action gouvernementale en matière d'emploi et de social forte et (une) communication gouvernementale puissante".

"Le gouvernement est dans le registre de l'action, le parti dans le registre du débat, chacun doit être à sa place, il ne doit pas y avoir de déséquilibre entre ces deux piliers de la majorité", a-t-il affirmé.

"C'était un peu comme une thérapie de groupe, chacun a expliqué comment les cantonales s'étaient passées sur son département et indiqué que le dysfonctionnement entre le président et le Premier ministre ne nous avait pas aidé entre les deux tours", a souligné Philippe Dominati (Paris).

"Les sénateurs ont affirmé qu'on ne leur a jamais parlé de problèmes de laïcité et d'islam, mais de problèmes de niveau de vie, d'emploi, d'augmentation du gaz", a relevé Jean-René Lecerf (Nord).

"Le président du groupe, Jean-Claude Gaudin, nous a dit : +Le débat est lancé, alors il faut aller jusqu'au bout, mais il faut le gérer pour qu'il ne soit en rien une stigmatisation des musulmans+", a-t-il ajouté.

"Le groupe est soudé, uni (...) Mais il n'a pas apprécié la semaine agitée, contradictoire par rapport au FN. Nous soutenons le président de la République mais nous voulons qu'en échange ce que nous proposons soit aussi examiné, pris en compte", a dit de son côté Jean-Claude Gaudin à l'AFP.