Besson au PS: il faut "dire la vérité" sur le coût d'une sortie du nucléaire

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Le ministre de l'Industrie Eric Besson a exhorté mardi le Parti socialiste à "dire la vérité" sur le coût que représenterait pour les Français une "sortie du nucléaire", à laquelle la première secrétaire du PS Martine Aubry s'est déclarée favorable.

"En matière d'énergie, il faudra à un moment que vous disiez la vérité aux Français. Martine Aubry, votre première secrétaire (...) a proposé d'aller vers la sortie du nucléaire", a dit M. Besson lors de la séance de questions à l'Assemblée nationale.

"Alors je vous demande très clairement: dites aux Français par quoi la remplacez-vous. Par l'éolien? Nous l'avons multiplié par cinq depuis 2007 et le prix est deux fois supérieur à celui du nucléaire. Par le photovoltaïque ? Nous l'avons multiplié par 50 et le prix est 10 fois supérieur à celui du nucléaire. Par le pétrole ? Nous venons d'évoquer la hausse du prix du baril du pétrole", a poursuivi le ministre.

"Il faut dire la vérité. Si vous proposez la sortie du nucléaire, dites comment vous allez remplacer une électricité qui est 40% moins chère en France que dans le reste des pays européens", a-t-il ajouté.

"Je vous le dis, votre vraie grande énergie renouvelable gratuite, c'est la démagogie!", a encore lancé cet ancien transfuge du PS sous les huées de l'opposition.

Selon Eurostat, le consommateur français paye son électricité (aux trois quarts d'origine nucléaire) 25% moins cher que le prix moyen dans l'Union européenne. Mais le lien entre énergie nucléaire et électricité bon marché est contesté par les écologistes et de nombreux experts.

La première secrétaire du PS s'est déclarée favorable le 22 mars à une sortie progressive du nucléaire, étalée sur vingt ou trente ans, une déclaration qui tranche avec la position suivie par son parti, traditionnellement favorable dans sa majorité à l'énergie nucléaire.

"Je crois qu'il faut sortir du nucléaire", a dit Mme Aubry sur Canal+, tout en précisant que cela pourrait prendre "20 ou 30 ans".

"Il faut être raisonnable: 75% de l'électricité française, c'est le nucléaire. Vous n'allez pas dire du jour au lendemain aux gens: +vous allez vivre avec la bougie+. Mais nous, nous disons, effectivement, il faut aller vers une sortie", a-t-elle dit.

La catastrophe de Fukushima au Japon a relancé le débat sur la sûreté de l'énergie nucléaire en France. Les écologistes ont immédiatement réclamé un référendum sur la question, une demande à laquelle Martine Aubry ne s'est pas associée, se contentant de demander un audit des centrales en France.