Guérini brigue sa succession au conseil général des Bouches-du-Rhône

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Jean-Noël Guérini brigue jeudi sa succession à la tête du conseil général des Bouches-du-Rhône sans opposition déclarée en interne, au terme d'un scrutin qui a pourtant secoué le PS local avec les affaires touchant son frère et le rapport Montebourg sur la fédération départementale.

Seul candidat PS, M. Guérini peut compter sur une majorité encore large (37 sièges à gauche sur 57), malgré deux cantons perdus à Marseille au premier tour au profit de l'UMP.

Sauf coup de théâtre, il semble promis à la réélection contre l'UMP Martine Vassal. Une défaite nécessiterait que des élus de droite - certains l'ont d'ailleurs proposé - s'allient à d'éventuels dissidents du PS, autour d'un candidat sorti du chapeau à la dernière minute.

Un scénario qui nourrit des rumeurs à Marseille et suscite des entrevues en catimini, mais ne paraît guère probable, même dans l'entourage de ceux dont les noms circulent comme artisans potentiels d'un putsch anti-Guérini.

Si un "coup" orchestré en sous-main était peut-être jouable avant les élections ou entre les deux tours, cela semble désormais un peu tard, bien que quelques voix se soient levées publiquement depuis dimanche au sein du PS local.

La conseillère générale Marie-Arlette Carlotti, réélue dimanche, a déclaré que la candidature de M. Guérini à sa succession posait "de nombreuses questions", estimant que "les choses doivent changer" et refusant de lui donner "un blanc-seing".

Un collectif de militants socialistes baptisé "Renouveau PS 13" a appelé au changement sur un blog ad hoc, dénonçant une série de "pratiques népotiques, corruptives, claniques, autoritaires et clientélistes" au sein du PS dans les Bouches-du-Rhône.

Auteur d'un rapport incendiaire sur les pratiques de M. Guérini au sein de la fédération départementale qu'il dirige depuis 2010, divulgué dans la presse avant les cantonales et qui lui vaut un procès pour diffamation privée le 9 mai à Paris, le député Arnaud Montebourg, interrogé par l'AFP, a enfin réclamé un autre candidat pour jeudi. Tout en regrettant l'absence de réaction de Solférino, pour qui "il n'y a rien" dans son rapport ni dans son dossier de "preuves".

Pour certains responsables socialistes, une clarification de la situation serait nécessaire avant les primaires pour la présidentielle qui suscitent déjà des positionnements locaux. Mercredi, trois élus marseillais - Patrick Mennucci, ancien co-directeur de campagne de Ségolène Royal en 2007, Eugène Caselli et Sylvie Andrieux - doivent lancer un appel en faveur de Dominique Strauss-Kahn.

Reste que dimanche soir dans les locaux de la fédération à Marseille, les conseillers généraux étaient nombreux à entourer Jean-Noël Guérini à la tribune, y compris des ennemis d'hier.

Le sénateur, dont le frère est incarcéré depuis décembre, en a profité pour régler quelques comptes. Tout en lâchant du lest en annonçant qu'il démissionnera de la tête de la fédération s'il est reconduit à la tête de la collectivité territoriale, comme le souhaite Solférino avant d'envoyer une commission d'enquête dans les Bouches-du-Rhône.

Mercredi après-midi, une réunion du groupe socialiste au conseil général est prévue après le vote des militants mardi soir. A cette occasion, il pourrait être demandé à M. Guérini, qui n'a pas été entendu par la justice à ce stade, de s'engager à démissionner s'il devait être mis en examen dans le dossier visant son frère et où son propre nom apparaît dans certaines pièces.