Débat sur la laïcité: «L'UMP est morte», selon un député

REACTIONS La sortie du secrétaire général de l'UMP sur le Premier ministre suscite de nombreuses déclarations à droite...

Anne-Laëtitia Béraud avec agences

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P.VERDY / AFP

Les luttes intestines s'intensifient au sein de la majorité après la charge de Jean-François Copé contre François Fillon, accusé lundi soir de ne pas jouer «collectif», à propos du débat controversé sur la laïcité prévu le 5 avril. L'attaque du secrétaire général de l'UMP contre le Premier ministre, fait rare sous la Ve République, suscite l'indignation des proches du chef du gouvernement.

Appel à la démission
Furieux contre Jean-François Copé, le député des Yvelines Etienne Pinte a appelé à la démission du patron de l’UMP sur Canal+ ce lundi matin, «s'il n'est pas d'accord avec le Premier ministre» sur le débat sur la laïcité. Il a estimé que «jamais sous la Ve République un secrétaire général d'un mouvement ne s'est attaqué de façon si violente et brutale à un chef de gouvernement», ajoutant que cette situation «pose pour la première fois un problème institutionnel».


Garder son calme: Ce serait le bon conseil du ministre des Affaires européennes Laurent Wauquiez ce mardi matin sur LCI et Twitter. Il a invité le patron de l'UMP à garder «son sang-froid». «Que le secrétaire général de l'UMP critique le Premier ministre, à un moment où on a besoin d'unité, n'est pas très responsable. Je crois que l'esprit de Jean-François est de travailler en équipe, il serait salutaire qu'on revienne à cet état d'esprit rapidement», a poursuivi le ministre. 

La députée Michèle Tabarot, déléguée générale de l’UMP, a estimé ce mardi que les membres de la majorité «doivent plus que jamais être rassemblés autour de Jean-François Copé et entendre son appel à l’unité». Selon elle, «Jean-François Copé a simplement exprimé le regret de ne pas avoir entendu le chef du gouvernement défendre avec plus de clarté les lignes définies en concertation avec le président de la République, que ce soit concernant le vote au second tour des cantonales ou bien le débat sur la laïcité».

Chantal Brunel, député UMP de Seine-Marne, a souhaité quant à elle que «les querelles de famille» restent «dans le secret des familles», rapporte Reuters. «Laissons les divisions au Parti socialiste», a-t-elle déclaré.

Au Parti radical
Au Parti radical, le président Jean-Louis Borloo a affirmé ce mardi ne pas «imaginer l'hypothèse d'une tentative de sortie» de François Fillon de Matignon, dans son bras de fer sur la laïcité avec Nicolas Sarkozy et le patron de l'UMP Jean-François Copé. Quant à Dominique Paillé, ex-porte-parole de l'UMP, a estimé ce mardi que le secrétaire général de l'UMP devait présenter «publiquement ses excuses» à François Fillon, après ses attaques contre lui.

Plus virulent, le député Daniel Garrigue, porte-parole de République solidaire, le mouvement de Dominique de Villepin, a lancé ce mardi que «l'UMP est morte», incitant «ceux qui se sentent mal à l'aise dans la majorité à la quitter».

Lassitude
Contacté par 20minutes.fr, le député UMP Lionel Tardy redoute que la réunion des parlementaires UMP à l’Assemblée nationale, ce mardi à 11h30, soit consacrée à cette polémique. «C’est du n’importe quoi, cela parasite tout et il faut dire stop. La réunion du 5 avril, je m’en fous complètement. Je suis prêt à quitter la réunion s’il l’on ne discute pas des choses dont on devrait parler, c’est-à-dire de la préparation de l’agenda parlementaire».

A gauche
Le député socialiste de Paris Jean-Christophe Cambadélis a quant à lui déclaré ce mardi sur Canal + qu'il «n'aim(ait) pas Copé», avant de juger que cette querelle au sein de la majorité était «leur problème». «Ils sont dans la décomposition», selon l’élu socialiste.