Débat sur la laïcité à l'UMP: Copé et Fillon règlent leurs comptes

POLITIQUE Les deux hommes se sont vus mardi matin à l'Elysée...

C. F. avec AFP et Reuters

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Cette intronisation au poste de secrétaire général, qui était occupé depuis fin 2008 par Xavier Bertrand, s'est faite à l'occasion d'un bureau politique, instance suprême de l'UMP, réuni depuis 18H00 au siège national en présence du Premier ministre François Fillon.
Cette intronisation au poste de secrétaire général, qui était occupé depuis fin 2008 par Xavier Bertrand, s'est faite à l'occasion d'un bureau politique, instance suprême de l'UMP, réuni depuis 18H00 au siège national en présence du Premier ministre François Fillon. — Joel Saget AFP

Alors, réconciliés ou pas? Au lendemain des propos de Jean-François Copé sur le chef du gouvernement, une explication a eu lieu entre les deux hommes ce mardi matin lors du petit-déjeûner de la majorité à l’Elysée. «Avec Fillon, on s'est dit les choses, l'heure est à l'apaisement», a confié le patron de l'UMP à l'AFP après le petit déjeuner de la majorité à l'Elysée.

Et pourtant, les participants à cette réunion ont une tout autre version. Devant les responsables de la majorité, Jean-François Copé a maintenu sur le fond ses propos, en expliquant qu'il avait «exprimé ce qu'il pensait». Pas de regret ni d'excuses, donc. Toutefois, il a «regretté que ses propos aient paru excessifs», a rapporté à l'AFP un participant.  «Il y a eu un échange assez vif entre François Fillon et Jean-François Copé», a dit un participant à Reuters.

Ambiance glaciale entre Copé et Fillon

Le chef du gouvernement a pris à son tour la parole pour rappeler qu'il «n'était pas possible d'exposer ses différends avec le Premier ministre ainsi à la télévision». «Le parti doit soutenir l'action du gouvernement et le Premier ministre (...), on ne peut pas exposer ses différends comme ça», a-t-il insisté. Les deux hommes sont restés sur leurs positions: appelant à «jouer collectif», ont rapporté des participants. Ambiance glaciale à l’Elysée.

Nicolas Sarkozy aurait alors clos des débats avec un rappel à l'ordre, invitant la majorité à «la solidarité» et au «sang froid», selon Europe 1. A la suite de cette entrevue, François Fillon a annoncé avoir pris acte des propos de Jean-François Copé et de ses «regrets», poursuit la radio. Le Premier ministre a indiqué que leur explication est l'occasion d' «un nouveau départ».

Acte 2 de la grande explication à l’Assemblée

Alain Juppé, l'autre ténor du gouvernement, a mis en garde contre une droitisation de la majorité. «Attention, les valeurs d'exclusion ne sont pas les nôtres. Revenons aux sujets de fond que sont l'emploi, la politique économique et la justice sociale», a-t-il déclaré, rapportent des participants.

Mais cette explication n'a pas suffit. Les deux hommes se sont retrouvés devant les députés UMP à l'Assemblée. Jean-François Copé a redit qu’il avait «pu être excessif sur la forme» mais a souligné l’importance de «mettre les pieds dans le plat». S’essayant à l’humour, il a ajouté que «l’UMP c’est pas le fromage ou le dessert, c’est tout à la fois», a rapporté à 20minutes.fr le député Lionel Tardy. François Fillon, lui, a souligné que sa position n’était «pas une posture, mais une constance», avant d’appeler à l’unité en vue de la présidentielle.  «Quand on fait la politique de l'extrême droite, on donne des voix à l'extrême droite», a souligné François Fillon lors de la réunion du groupe

«Je considère que l'incident est clos», a-t-il conclu à l'issue de la réunion.

Enfin, à l'issue du Conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement, François Baroin, tout en admettant une «petite poussée de fièvre», a répété que «l'heure est à l'apaisement». «Il y a des tempéraments forts, il ne faut pas s'en excuser», a-t-il ajouté.

Division au lendemain des cantonales

Le Front national et les réponses à apporter à sa percée mettent le feu à la majorité, entre les «droitiers» de l’UMP qui considère qu’il faut aller sur le terrain du parti d’extrême droite et l’aile centriste, qui préfère que la majorité se concentre sur les sujets économiques et sociaux. La semaine dernière, Jean-François Copé et François Fillon s’étaient déjà opposés violemment sur les consignes de vote à donner aux électeurs UMP vis-à-vis du FN. Et lundi, c’est le débat sur l’islam qui doit être organisé le 5 avril par l’UMP qui a allumé la mèche. François Baroin a estimé qu’il fallait mettre un terme à ce débat, avant d’être recadré par l’UMP qui a annoncé qu’il devait rectifier ses propos dans la journée. Ce qu’il n’a toujours pas fait. François Fillon avait, lui, dit ses réserves, à ce sujet.

Lundi soir sur Canal +, c’est à ce sujet que Jean-François Copé a taclé le Premier ministre, lui reprochant sa «posture» et de ne pas «jouer collectif». Immédiatement, Etienne Pinte, un proche de Fillon a réclamé la démission de Jean-François Copé. Dominique Paillé, l’ex-porte-parole de l’UMP, a jugé «indispensable» que le patron de l’UMP «présente publiquement au Premier ministre ses excuses».