Thierry Mariani: «Cette élection a valeur de bras d'honneur pour toute la classe politique»

INTERVIEW Leader de la «droite populaire», aile droite de l'UMP, le secrétaire d'Etat aux Transports répond à 20 Minutes sur l'échec des cantonales et la campagne présidentielle à venir...

Propos recueillis par Clémence Lemaistre et Alexandre Sulzer
— 
Thierry Mariani, le 28 mars 2011, dans les locaux de 20 Minutes, à Paris.
Thierry Mariani, le 28 mars 2011, dans les locaux de 20 Minutes, à Paris. — A. GELEBART / 20 MINUTES

Diriez-vous, comme nous l’avons titré lundi, que l’UMP s’est planté aux cantonales?
Cette élection, qui n’a pas intéressé les électeurs, a valeur de bras d’honneur pour toute la classe politique. Je suis déçu par les résultats, mais je constate toutefois que l’UMP progresse dans le sud de la France. On nous avait promis une raclée, on s’est pris une gifle.

>> Tous les résultats des cantonales, c'est par ici

L’UMP veut contrer le FN en se concentrant sur des enjeux comme la laïcité ou l’insécurité. La progression du FN aux cantonales ne démontre-elle pas l’échec de cette stratégie?
Au contraire, nous ne devons pas baisser la garde sur ces thématiques. Quand nous les abordions, en 2007, le FN n’a jamais été aussi bas. Il nous faut déplacer aujourd’hui le curseur sur des sujets «de droite». D’une façon générale, il nous faut retrouver le discours de 2007 dans lequel le volontarisme prime en politique. Seul Nicolas Sarkozy est capable d’incarner cet élan.

Le chef de l’Etat est impopulaire. Comment le rendre sympathique aux yeux de l’opinion?
Dans les treize mois qui viennent, nous allons devoir expliquer tout ce que l’on a fait. Qui se souvient de la loi sur les successions? De la réforme des universités? Nicolas Sarkozy a pris le courage de l’impopularité pour faire passer la réforme des retraites. Jacques Chirac savait certes se faire apprécier mais il n’a pas fait passer autant de réformes. Il n’a pas fait entrer la France dans la modernité.

Ne craignez-vous pas que les centristes, tels que Jean-Louis Borloo, fassent sécession?
Quand on rejoint le bateau en pleine euphorie, on ne le quitte pas quand ça tangue. Concernant Jean-Louis Borloo, il était prêt à être Premier ministre. Je ne le vois pas, à peine quatre mois plus tard, dire qu’il quitte l’UMP.