Après les cantonales, l'UMP cherche une stratégie adroite

POLITIQUE Au lendemain des élections, les divisions entre les différents courants de la majorité se sont-elles aggravées? Que faire à l'UMP pour maintenir l'unité en vue de 2012?...

Anne-Laëtitia Béraud
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Le président de la République, Nicolas Sarkozy, arrive sur le perron de l'Elysée, le 9 mars 2011 à Paris.
Le président de la République, Nicolas Sarkozy, arrive sur le perron de l'Elysée, le 9 mars 2011 à Paris. — AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

La meilleure stratégie pour Nicolas Sarkozy? «Laisser vivre les droites pour ensuite se poser en rassembleur», lance François Miquet-Marty, directeur associé de Viavoice. Car l’unité de l’UMP, au lendemain des cantonales, semble fragile. Le porte-parole du gouvernement François Baroin laissait entendre, ce lundi matin, qu’un changement de stratégie du parti serait appréciable: il a estimé sur France Info qu’il fallait «certainement mettre un terme à tous ces débats», comme celui sur la laïcité et l'islam, avant d’être recadré par l’Elysée, et rectifier ses propos.

La semaine dernière encore, la «cacophonie» au sein du parti majoritaire à propos du débat sur un «Front républicain» a montré les divisions, tout du moins les différences au sein des droites et du parti présidentiel. Désunion fustigée par le président de la République ce lundi lors de la réunion à l'Elysée des responsables UMP, où il a mis en garde «ceux qui voudraient mettre en cause l'unité de notre famille». En ligne de mire, les radicaux et centristes réunis autour de Jean-Louis Borloo. L’ancien ministre de l’Ecologie affirme depuis plusieurs semaines que son départ du parti présidentiel ne serait plus qu’«une  formalité administrative»…  


Besoin de résultats
Dans ce contexte, quelle stratégie pour éviter l’implosion? Tout d’abord, l’action. «Si Nicolas Sarkozy arrive à obtenir des résultats, tant sur l’emploi qu’en Libye, ce sera toujours bon pour son image, donc bon pour l’unité du parti», commente François Miquet-Marty. «Nicolas Sarkozy va vraisemblablement prendre du recul jusqu’à l’été. Ce sera plus facile pour lui lorsque les primaires socialistes seront achevées. Il apparaîtra comme LE candidat de la droite, qui dispose d’une expérience et des ressources de son parti. Il pourra alors fédérer plus simplement les différentes sensibilités au sein de l’UMP», analyse François Miquet-Marty. 

Une invitation à l’unité que souligne également la députée UMP de Meurthe-et-Moselle Valérie Rosso-Debord, déléguée générale du parti: «Dans notre démocratie, nous vivons dans le bipartisme. Il y a des sensibilités, une diversité, mais nous sommes tous réunis au sein de l’UMP, de la droite sociale jusqu’alors à la droite décomplexée. Les radicaux seuls n’ont pas d’audience». Dernière hypothèse: «Faire prospérer le Front national, le "républicaniser". Cela servirait des intérêts communs implicites avec Marine Le Pen, pour accéder tous deux au deuxième tour de la présidentielle», avertit François Miquet-Marty. Avant de conclure:« Mais attention, en choisissant cette option, Nicolas Sarkozy s’engagerait alors dans un formidable coup de poker».