Le ministre du Budget François Baroin a indiqué dimanche que les besoins de financement en matière de dépendance étaient de l'ordre de 30 milliards d'euros, tout en précisant que les hypothèses variaient en fonction de l'échéance et des projections démographiques retenues.
Le ministre du Budget François Baroin a indiqué dimanche que les besoins de financement en matière de dépendance étaient de l'ordre de 30 milliards d'euros, tout en précisant que les hypothèses variaient en fonction de l'échéance et des projections démographiques retenues. — Lionel Bonaventure afp.com

Politique

Islam, laïcité, FN: Le feu couve dans la majorité

POLITIQUE – La majorité règle ses comptes au lendemain des cantonales...

Le débat sur l’islam et la laïcité continue d’empoisonner la majorité.  Et la polémique se déporte désormais sur les divergences d'opinions entre l'aile centriste et droitière de l'UMP. C'est François Baroin, porte-parole du gouvernement et conseiller politique de l’UMP en charge du «pacte républicain» qui a ouvert le feu en appelant son parti à «mettre un terme à tous ces débats» sur l’islam et la laïcité. Sur France info, il a également demandé l’UMP à revenir à des valeurs «profondément républicaines» alors que le FN a fait une forte poussée lors des cantonales. 

Une mise au point sévère, voire une leçon de morale, à l’intention de Jean-François Copé, promoteur de cette initiative qui doit se tenir le 5 avril mais aussi de… Nicolas Sarkozy, qui avait suggéré la tenue de ce débat au numéro 1 de l’UMP. La réponse de l’Elysée ne s’est d’ailleurs pas fait attendre. Devant des députés UMP qu’il recevait à l’Elysée, Nicolas Sarkozy a assuré qu’il faillait que ce débat sur l’Islam et la laïcité «ait lieu», ont-ils rapporté. Message reçu cinq sur cinq par François Baroin, qui a dû se faire passer un savon: l’UMP a annoncé qu’il allait rectifier ses propos. Ce qu'il n'a toujours pas fait en fin de soirée lundi.

Borloo également visé

Ces dernières semaines, l’UMP va de turbulences en turbulences. Entre les deux tours, le parti majoritaire - et même l’exécutif, notamment avec la sortie de François Fillon - s’est déchiré sur les consignes de vote à donner par rapport au Front national. L’aile centriste du parti, ainsi que le Nouveau centre, s’est insurgée contre l’absence de consignes claires contre le FN.

Et depuis des semaines, Jean-Louis Borloo capitalise sur la colère de cette aile centriste de l’UMP, qui se sent écrasée par l’aile droite de l’UMP depuis le remaniement. Il compte même monter un groupe d’une cinquantaine de députés à l’Assemblée.  Lors de cette même réunion de ce lundi matin, Nicolas Sarkozy lui a envoyé un message personnel: une mise en garde contre «ceux qui voudraient mettre en cause l'unité de notre famille» UMP.

Paillé «extrêmement peiné» des propos de Sarkozy

Cette passe d'arme est le dernier exemple en date sur les risques de divisions de la majorité. Dominique Paillé, s’est dit «extrêmement peiné» des propos de Nicolas Sarkozy visant les centristes. «Quand on veut s’en sortir, il faut compter sur ses amis», a asséné sur France Inter celui qui parle d’«une erreur de positionnement et une erreur de stratégie» de l’UMP pour les cantonales.

«Pour la majorité, il est absolument vital de se rassembler et non pas de se diviser», a mis en garde Alain Juppé lundi en marge d'un point presse à Bordeaux. «Si je m'associe à d'autres pour lancer un appel au rassemblement c'est qu'il y a des tentations ici ou là. Faisons vivre une famille politique diverse, il ne faut pas avoir peur des débats, il faut simplement les organiser pour qu'ils soient rassembleurs et non pas diviseurs» car «toute séparation serait porteuse d'échec», a-t-il averti.  Gérard Larcher, lui aussi, a mis en garde contre  «les règlements de comptes» au sein de la majorité. Peine perdue, dans la soirée, sur Canal +, Jean-François Copé a attaqué frontalement François Fillon, dénonçant «sa posture»  et lui reprochant de ne pas «jouer collectif», à propos du débat controversé sur la laïcité. Le feu couve dans la majorité.