Pour Dominique de Villepin, l'UMP a «braconné sur les terres» du FN

POLITIQUE L'échec de la majorité présidentielle est pour l'ex-Premier ministre «un avertissement très solide»...

© 2011 AFP
— 

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin (RS) a estimé ce lundi que le revers de l'UMP aux cantonales était «un avertissement très solide» à Nicolas Sarkozy et sa majorité qui, selon lui, ont eu tort de «braconner sur les terres» du Front national.

Pour éviter le scénario d'un FN présent au 2nd tour de la présidentielle, «on fait différemment. D'abord on évite d'encourager le Front national, c'est-à-dire de braconner sur ses terres, on évite de céder à la tentation d'une surenchère identitaire sur des sujets comme l'immigration ou la sécurité», a déclaré le président fondateur du mouvement République solidaire sur Canal+. Il faut «aborder ces sujets au fond et pas à travers de faux débats, des polémiques qui ne font que favoriser le Front national», a-t-il dit. Et «on revient surtout aux préoccupations des Français : le logement, l'emploi, le pouvoir d'achat...»

«Le choix de la surenchère, c'est le choix et du gouvernement»

«Cela fait quatre ans que j'avertis la majorité et le gouvernement de ce qui est en train de se passer. Aujourd'hui, je ne suis plus tout seul à dire ce que je dis. Au sein même de la majorité, on voit les Radicaux prendre fermement position contre ces surenchères identitaires stériles qui ne font qu'agiter les électeurs sans pour autant faire progresser ni la république, ni la démocratie», a aussi déclaré Dominique de Villepin. «Le choix de la surenchère, c'est le choix et du gouvernement et du président de la République, donc je crois qu'ils ont intérêt à méditer la leçon politique. Il n'est jamais trop tard pour bien faire», a-t-il lancé.

Quant à dire que Nicolas Sarkozy serait le seul candidat valide pour la droite en 2012, «je crois que c'est une vision un peu simpliste. Aujourd'hui, ce que je vois c'est que le candidat de l'UMP perd dans tous les cas de figure» dans les sondages, a souligné l'ex-chef du gouvernement. Selon lui, seules «des réponses alternatives à la politique qui a été menée» peuvent «permettre de contrer une progression du Front national» Les deux sièges obtenus par le FN «c'est pas le Pérou», a-t-il relativisé, «mais une forte progression en voix, ça c'est beaucoup plus inquiétant».