Martine Aubry se pose en rassembleuse de la gauche après la victoire du PS

© 2011 AFP
— 

Le Parti socialiste goûtait dimanche soir sa victoire au second tour des cantonales, top départ pour l'élection présidentielle selon Martine Aubry, qui s'est posée en rassembleuse de la gauche et en responsable du "devoir de victoire" pour 2012.

"Ce soir, tout commence pour redresser et rassembler la France", a déclaré la première secrétaire du PS au siège du parti rue de Solférino, sous les applaudissements, alors que le PS obtient, selon des résultats quasi définitifs, 35,74%, dominant largement l'UMP (20,32%) et le FN (11,63%).

"Je suis aujourd'hui consciente de notre devoir de victoire en 2012 pour la France et pour les Français", a déclaré Martine Aubry.

"Notre détermination est totale pour montrer qu'une autre France est possible", a-t-elle dit, rappelant que le PS allait présenter le 5 avril son projet "pour redresser la France, pour remettre la justice sociale et le respect au coeur de notre société et de notre République".

"Notre détermination est totale pour montrer qu'une autre France est possible", a-t-elle insisté.

Mme Aubry a toutefois souligné que les socialistes devaient faire preuve d'"humilité", évoquant la forte abstention (55%) et le vote en faveur de l'extrême droite qui ont marqué le scrutin.

Il faut "avoir le courage de reconnaître que le premier parti de ces élections cantonales, c’est l’abstention", a d'ailleurs insisté la candidate aux primaires socialistes Ségolène Royal, faisant entendre une voix discordante dans le concert de satisfaction.

La gauche "a le devoir de reconnaître que l'abstention massive est un sérieux message d'incroyance et de désamour", a renchéri Arnaud Montebourg, également candidat déclaré.

Autre prétendant à l'investiture socialiste, François Hollande l'a emporté en Corrèze, étant assuré d'être réélu jeudi président du conseil général, ce qui lui ouvre la voie pour annoncer sa candidature. "Cette décision de me présenter aux primaires va venir, je vais la prendre sans me précipiter mais sans tergiverser", a déclaré l'ancien patron du PS.

"Tout le monde a le droit d'être candidat. Je demande de la responsabilité à chacun. Nous devons être unis", a répliqué Mme Aubry, interrogée par France 2.

La première secrétaire s'est posée en rassembleuse de la gauche, répétant qu'elle allait mettre "toute son énergie" à rassembler pour conduire à la victoire en 2012.

"La méthode Aubry a payé", a dit le secrétaire national, Christian Paul.

Christophe Borgel, chargé des élections, commentait en fin de soirée : "Notre objectif était de passer la barre des 60 départements. (...) Nous sommes d'ores et déjà ce soir à 61. Nous pouvons espérer lors de l'élection des présidents emporter la Loire et la Savoie donc atteindre la barre des 63. L'objectif est plus que rempli".

Le PS a ravi à la droite Mayotte, le Jura et les Pyrénées-Atlantique, fief de l'ex chef de la diplomatie Michèle Alliot-Marie.

Il garde la Seine-et-Marne. En revanche, l'espoir de gagner la Sarthe et la Côte d'Or s'est envolé.

Le Val-d'Oise, fief symbolique de DSK, est passé à droite. Mme Aubry a plaisanté avec le patron du FMI qui l'avait appelée pour savoir les résultats des cantonales: "Tu n'y es pour rien et le FMI encore moins!".

"Ce scrutin confirme que le PS est le grand parti local en France. Même si la présidentielle dépend avant tout du candidat, qui est un facteur décisif dans ce scrutin, le résultat des cantonales est plutôt de bon augure pour la gauche pour 2012", a estimé dimanche soir auprès de l'AFP le politologue Gérard Grunberg.