Elections cantonales 2011: Le PS confirme sa victoire, le FN progresse en voix

POLITIQUE Et l'abstention reste le premier parti de France, dimanche soir, à l'issue du second tour des élections cantonales...

Maud Pierron

— 

Martine Aubry au siège du Parti socialiste, à Paris, le soir du second tour des cantonales, le 27 mars 2011.
Martine Aubry au siège du Parti socialiste, à Paris, le soir du second tour des cantonales, le 27 mars 2011. — M. BUREAU / AFP

Les appels à la mobilisation pour le second tour des cantonales n’auront pas eu d’effet. Ce dimanche, l’abstention est toujours forte, à 54,97%, en léger recul par rapport au premier tour (55,6%), selon des résultats non définitifs. Et la gauche a confirmé sa victoire du premier tour: elle obtient 49,9% des voix devant la majorité présidentielle (35,87%) et le Front national (11,56%), a détaillé Claude Guéant, le ministre de l’Intérieur. Dans le détail, d’après des résultats partiels, le PS obtient 35,73% des voix, l’UMP 20,21%.

>> Revivez la soirée électorale par ici

Si, en pourcentage, le Front national recule par rapport au premier tour, il progresse en voix. Et s’offre deux élus départementaux: Jean-Paul Dispard, dans le canton de Brignoles (Var), et Patrick Bassot, à Carpentras-nord (Vaucluse). En revanche, deux de ses têtes d’affiche sont battues: Louis Aliot, vice-président du FN, dans les Pyrénées-Orientales et Steeve Briois, le secrétaire général du parti, dans le canton d'Hénin-Beaumont (Nord-Pas-de-Calais).

L’UMP remporte le Val-d’Oise

La gauche, qui avant le second tour espérait arriver au seuil des soixante départements - il en avait 58 avant le premier tour - a gagné son pari. Les Pyrénées-Atlantiques et le Jura tombent comme prévu dans son escarcelle. Le PS annonce -c’est une surprise- avoir remporté la Savoie, ce que le ministère de l’Intérieur ne confirme pas.

>> La carte des résultats canton par canton par là

Outre-Mer, Mayotte et la Réunion pourraient tomber au troisième tour. Tout comme la Loire. En Corrèze, François Hollande peut être rassuré: la gauche a conservé sa majorité, il pourra donc se lancer dans les primaires du PS, comme il l’a annoncé.

L’UMP ne pavane pas mais a remporté un des deux départements qu’elle visait, d’un siège: le Val-d’Oise. Et la Sarthe, fief de François Fillon, reste dans les mains de la majorité présidentielle.   

>> Lire ici l'interview de Pierre Moscovici

«L’UMP est un petit peu déçue par les résultats», a reconnu Jean-François Copé devant les militants rue de la Boétie, mais «le PS n’a pas à se réjouir de ses siens», a-t-il ajouté. Parlant de l’abstention, «un message de la part des Français face à des institutions qui restent complexes à comprendre» mais aussi «l’expression d’inquiétudes et d’interrogations», il a assuré: «Nous avons reçu 5 sur 5 le message qu’ils nous ont adressé.»

Et il a eu une pensée pour 2012: «Nous avons pour objectif de gagner l’élection présidentielle, et les législatives, au service de Nicolas Sarkozy. Pour cela, il y a une exigence d’unité de la majorité».

«Devoir de victoire en 2012» 

Très en verve sur tous les plateaux de télé, Marine Le Pen, elle, s'est félicitée de «la très forte augmentation des voix pour le FN entre les deux tours». Pour elle, le FN «échoue de très peu» et «la recomposition de la vie politique est en marche», a-t-elle assuré. «Des électeurs de gauche comme de droite nous ont rejoints au second tour». «L’avenir, l’espoir aujourd’hui, c’est le FN.» S’il «faut encore du travail pour que le système UMPS s’effondre», les «prémisses d’une révolution démocratique, une révolution bleu marine» sont déjà là, a-t-elle promis.

Avec «beaucoup d'humilité», Martine Aubry a voulu voir dans les résultats un «encouragement» de la part des Français. «Ils nous ont fait confiance, ils ont ouvert la voie du changement», a-t-elle dit. Désormais, la gauche a un «devoir de victoire en 2012». «Ce soir tout commence pour redresser et rassembler la France. Dès demain nous serons au travail, les Français peuvent nous faire confiance», a-t-elle jugé. 

Le Front de gauche devant les écolos

A la gauche du PS, Europe-Ecologie-LesVerts et le Front de gauche, tout le monde est satisfait. Les premiers devraient, avec 2,5% des voix, doubler leur nombre d’élus et obtenir dimanche soir une trentaine de conseillers généraux. «Nous avons réussi notre pari pour ces élections cantonales», a fait valoir Cécile Duflot. «C'est une immense satisfaction pour l'ensemble de notre mouvement», a-t-elle insisté.

Avec 5% des voix, le PCF peut gagner entre 100 et 130 élus ce dimanche soir. Et le PCF conserve ses deux bastions de l’Allier et le Val-de-Marne. Le Front de gauche a «pris une part décisive dans la victoire de la gauche», s’est félicité Pierre Laurent, secrétaire générale du PCF.

Et surtout, le Front de gauche est «confirmé comme deuxième force à gauche». Sans aucun doute, à gauche comme à droite, ces élections cantonales, dernier scrutin au suffrage universel direct avant 2012, ouvrent déjà en grand la page de la présidentielle.