Guéant: "stabilité" politique, abstention record, "retour" du FN

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Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a insisté sur une "certaine stabilité des équilibres politiques" au soir du second tour des élections cantonales, marqué par une gauche à quasi 50%, une abstention record et le "retour" de conseillers généraux Front national.

"Sur les 6,7 millions de voix exprimées ce soir, le dépouillement, qui est encore en cours, montre que le bloc de gauche --PS, divers gauche, Front de gauche, Radicaux de gauche, Europe Ecologie-- représente 49,9% de voix exprimées, la majorité présidentielle 35,87% et le Front national 11,56%", a déclaré M. Guéant, en insistant sur le caractère encore provisoire des résultats.

"Peu de départements basculeraient", a-t-il ajouté. "Deux départements passeraient de manière certaine à l'heure où je vous parle de la droite à la gauche, le Jura et les Pyrénées-Atlantiques. Un département basculerait de la gauche vers la droite, le Val-d'Oise".

"Pour quelques départements, les élections des présidents de conseils généraux seront déterminantes pour donner une indication définitive: la Savoie, la Loire, Mayotte et la Réunion", a souligné le ministre.

"Le mouvement de bascule pourrait être nettement moins significatif qu'aux précédentes élections de 2004 --dix départements avaient basculé à gauche contre un à droite-- et de 2008 --huit départements avaient basculé à gauche et deux à droite", a rappelé le ministre.

Il a aussi indiqué que "peu de cantons connaissent l'alternance: 386 sur les 2.026".

"La majorité présidentielle gagnerait 164 sièges, et le bloc de gauche 192. Quant aux pertes, elles s'établiraient ainsi: -161 cantons pour le bloc de gauche et -212 pour la majorité. Soit un solde positif de 31 cantons pour le bloc de gauche et la majorité présidentielle en perdrait 48", a détaillé le ministre de l'Intérieur.

"L'autre enseignement de ce scrutin est que le Front national retrouve des élus dans au moins deux cantons", à Carpentras (Vaucluse) et à Brignoles (Var).

"Il ne s'agit pas d'une première puisque cela avait déjà été le cas en 1998 et 2004", a dit le ministre. La présidente du Front national, Marine Le Pen, affirmait en début de semaine que son parti n'avait jamais eu de conseillers généraux.

Le ministre a souligné que la participation au second tour des élections cantonales, à "moins de 46%", était "la plus faible jamais enregistrée" pour ce type de scrutin.

"La participation ne marque pas le sursaut espéré", a-t-il déclaré lors de son allocution télévisée. C'est "neuf points de moins que pour le scrutin de 2008, où on avait dépassé 55%".