Cantonales 2011: «Les résultats de l'UMP sont la marque de l'échec de la stratégie du refus du Front républicain», selon Stéphane Rozès

INTERVIEW C'est ce qu'affirme ce dimanche soir le politologue, président de la société CAP...

Propos recueillis par Anne-Laëtitia Béraud
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Un bulletin de vote du Front national, dans la ville de Schiltigheim (Alsace), lors du second tour des élections cantonales le 27 mars 2011.
Un bulletin de vote du Front national, dans la ville de Schiltigheim (Alsace), lors du second tour des élections cantonales le 27 mars 2011. — V. KESSLER / REUTERS

Les enseignements de ce deuxième tour des élections cantonales, ce dimanche soir, par Stéphane Rozès pour 20minutes.fr.

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Que retenir de ce deuxième tour?

Premier enseignement: Alors que l’offre politique, au deuxième tour, est plus limitée, la participation a été similaire, et elle est très faible. Il y a pourtant eu une nationalisation de l’enjeu de ce scrutin, avec le débat autour du Front républicain. 

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Que pensez-vous des résultats de la gauche?

La gauche a perdu le département du Val-d’Oise, mais dépasse la barre des 60 départements en majorité. On voit ce soir que l’électorat de gauche a été unitaire dans ses transferts de voix. Mais il y a une nuance: la gauche profite plus des problèmes de la droite plutôt que de la dynamique qu’elle aurait créée. 


Comment considérez-vous la stratégie de l’UMP et du Front national?

L’orientation de l’Elysée, par son refus du Front républicain, n’a pas payé pour l’UMP. Une partie de l’UMP, et une partie non négligeable, a voté Front national. Le FN a été partout en hausse là où il est présent, même si, en nombre de cantons, les résultats ont été plutôt décevants à cause du nouveau mode de scrutin. Les résultats de l’UMP sont la marque de l’échec de la stratégie du refus du Front républicain. A droite de l’UMP, il y a eu un débord net vers le FN, alors qu’il n’y en a pas eu du FN vers l’UMP. Même les centristes n’ont pas forcément voté pour l’UMP. 

Au soir de deuxième tour, quelle est votre vision du FN?

Le Front national, dans cette progression, constitue moins un vote populiste qu’une construction d’une alternative politique. On vote FN pour ses idées, et non plus seulement pour donner un avertissement.