Steeve Briois (FN): «Le FN ne fait plus peur »

INTERVIEW Le secrétaire général du FN réagit aux résultats du second tour des élections cantonales...

Propos recueillis par Maud Pierron

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Marine Le Pen, vice-présidente du Front National et colistière de Steeve Briois, candidat à la mairie d'Hénin-Beaumont.
Marine Le Pen, vice-présidente du Front National et colistière de Steeve Briois, candidat à la mairie d'Hénin-Beaumont. — AFP / PHILIPPE HUGUEN

Vous êtes battu par le candidat socialiste alors que vous étiez en tête du premier tour. Vous êtes déçu?
Pas du tout. Pour nous c’est une grande victoire. Ce canton était très ancré à gauche. Nous faisons aujourd’hui 45% là où nous faisons 25% il y a quinze ans. C’est une progression phénoménale. A Hénin-Beaumont , on fait même 52%, c’est très encourageant alors que tout le monde appelait à voter contre nous.  A chaque élection on franchit un nouveau seuil. La prochaine fois, on passera les 50%. Si la municipale avait lieu, on obtiendrait entre 55 et 56%.

>> Les résultats du premier tour, c'est par ici

Et au niveau national? Vous n’avez que deux élus, c’est peu par rapport à vos ambitions…
J’aurais évidemment préféré être élu, que Louis Aliot soit élu. Mais la bonne nouvelle, c’est que le FN augmente partout par rapport au premier tour. On double souvent nos résultats. En national on est à 11%, mais sur les 400 cantons, on est à 40%. On conforte nos positions. 100% de nos électeurs du premier tour ont de nouveau voté pour nous ce dimanche, ce qui veut dire que c’est un vote d’adhésion. Les électeurs UMP ont bravé les consignes, et des électeurs de gauche aussi, en votant pour nous.

>> La soirée électorale, c'est par ici

Vous n’êtes pas loin mais vous avez tout de même peu d’élus. Le Front républicain fonctionne toujours…
Non, c’est fini, ça ne veut plus rien dire. Le FN ne fait plus peur. Dans chaque canton, avec le report des voix, on devrait être largement battu, or ce n’est pas le cas. L’embrouille autour des consignes de vote à l’UMP montre bien que ce parti est en pleine déconfiture. Je suis persuadé que Nicolas Sarkozy ne sera pas au second tour de la présidentielle, et c’est là que la recomposition politique va avoir lieu, autour du FN. Le FN va remplacer au niveau national l’UMP, comme il l’a fait dans le Nord-Pas-de-Calais.

Comment le FN va capitaliser sur ces résultats?
Dès lundi on va se remettre au travail, analyser les résultats, les reports de voix. Mais on va aussi lancer le dispositif de la présidentielle, rechercher des parrainages pour Marine Le Pen. Puis on va continuer notre travail de terrain, chercher de nouveaux militants, les former . On va aussi commencer à chercher de bons candidats pour les législatives de 2012. On a été critiqué pour certains de nos «candidats fantômes» et c’est vrai que parfois on a été légers. Mais on avait la tête dans le guidon jusqu’à mi-janvier, avec le congrès.  Là on va trouver des candidats qui ont envie de s’engager et les former.