Cantonales: Le PS obtient 36% des voix, l'UMP 18% et le FN 11%

M.P.

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Une urne dans un bureau de vote de Hénin-Beaumont, lors du second tour des cantonales le 27 mars 2011.
Une urne dans un bureau de vote de Hénin-Beaumont, lors du second tour des cantonales le 27 mars 2011. — P. ROSSIGNOL / REUTERS

Pas de vague rose mais pas de vague bleue Marine non plus, pour ce second tour des élections cantonales. D'après des premiers résultats partiels communiqués par le ministère de l'Intérieur, le PS récolterait 35,73% des voix, l'UMP 20,2% et le FN, 11,56%. Les élus divers droite obtiendraient 11,9%, les élus divers gauche auraient obtenu 5,83% des voix. Le Front de gauche, de son côté, obtiendrait 5% des voix et les écolos 2,5%. L'abstention est toujours très forte: d'après les estimations des instituts, elle s'établirait entre 54 et 56%.

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Quant aux départements, la gauche aurait réussi à remporter le Jura et les Pyrénées-Atlantiques. Martine Aubry, aux alentours de 21 heures, a également annoncé que la Savoie - une surprise - était tombée dans l'escarcelle de la gauche.  La Loire pourrait basculer également. La Seine-et-Marne objectif de la droite, reste à gauche. Tout comme la Corrèze, avec une confortable avance pour François Hollande, qui devrait en conséquence annoncer sa candidature aux primaires. En revanche, l'UMP a remporté, d'un siège, le Val d'Oise. Et la Sarthe, fief de François Fillon sur lequel le PS avait des vues, reste à droite. 

Un élu pour le FN

Le FN, de son côté, obtient son premier conseiller général:  Patrick Bassot élu à Carpentras-nord (Vaucluse)  face au socialiste sortant. Un deuxième élu est annoncé dans le Var, mais cela reste à confirmer. En revanche, Louis Aliot, vice-président du FN, a été battu dans les Pyrénées-Orientales. Tout comme Steeve Briois, le secrétaire général du FN, dans le canton d'Hénin-Beaumont (Nord-Pas-de-Calais).

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Immédiatement après les résultats, Jean-François Copé s'est dit «un petit peu déçu» mais «le PS n’a pas à se réjouir des siens», a-t-il lancé devant des militants UMP rue de la Boétie. «Nous avons reçu, cinq  sur cinq , les messages adressés», a-t-il dit. Le patron de l'UMP a surtout axé son discours sur les futures échéances. «Nous avons pour objectif de gagner l’élection présidentielle, et les législatives de 2012, au service de Nicolas Sarkozy. Pour cela il y a une exigence d’unité de la majorité. L’autre exigence, c’est l’exigence de vérité, de courage», a-t-il ajouté.

François Fillon a également minimisé les mauvais résultats du parti majoritaire, notant que «la majorité recule moins qu'annoncé». Le Premier ministre a également appelé à ne pas «sous-estimer» le vote FN même s'il ne recueille qu'environ 10% des voix. Marine Le Pen, elle, s'est félicité de l'élection du premier conseiller général FN. Elle a noté «la très forte augmentation des voix pour le FN entre les deux tours». Pour elle, le FN «échoue de très peu» et «la recomposition de la vie politique est en marche», a-t-elle assuré. «Des électeurs de gauche comme de droite nous ont rejoints au second tour», s’est-elle félicité un peu plus tard depuis le siège du FN de Nanterre. «L’avenir, l’espoir aujourd’hui, c’est le FN ». Mais «il faut encore du travail pour que le système UMPS s’effondre». Marine Le Pen aussi voit plus loin, en 2012, et annonce les «prémisses d’une révolution démocratique, une révolution bleu marine».

Le «devoir de victoire en 2012» pour la gauche

Pleine de retenue dans ses multiples interventions de la soirée, Martine Aubry a  vu dans ses résultats un «encouragement» de la part des Français. «Ils nous ont fait confiance, ils ont ouvert la voie du changement», a-t-elle assuré.  Elle accueille toutefois ce vote avec «beaucoup d'humilité» vu le score du FN et la forte abstention. Elle aussi a axé une partie de son discours sur les futures échéances:  depuis la rue de Solferino, elle a assuré que la gauche avait un «devoir de victoire en 2012». «Ce soir tout commence pour redresser et rassembler la France. Dès demain nous serons au travail, les Français peuvent nous faire confiance», a-t-elle promis. 

«La droite prend une tannée et ça s'amplifie», s'est félicité Jean-Luc Mélenchon, président du Parti de gauche. Pour Pierre Laurent, secrétaire nationale du PCF, le Front de gauche a «pris une part décisive dans la victoire de la gauche» et cette alliance est «confirmée comme deuxième force à gauche».