Cantonales 2011: l'abstention et le FN encore les grands gagnants?

POLITIQUE Les enjeux du second tour...

Maud Pierron
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Marine Le Pen, le 24 mars 2011 en déplacement à Metz, suivie par une cohorte de photographes.
Marine Le Pen, le 24 mars 2011 en déplacement à Metz, suivie par une cohorte de photographes. — F. FLORIN / AFP

Sur les 2.026 sièges en jeu, 1.566 restent à pourvoir lors de ce second tour des élections cantonales. La gauche contrôle actuellement 58 départements sur 100 et elle espère accroître son avance sur la majorité. L’UMP, qui a cafouillé sur les consignes de vote pour le second tour dans le cas où le candidat de la majorité est éliminé, devra limiter la casse. 20minutes.fr fait le point sur les enjeux du scrutin.

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L’abstention, indétrônable premier parti de France?
Ce sera l’un des enjeux de ce scrutin, après le taux record de 55,67% lors du premier tour. Les appels à la mobilisation de tous les partis feront-ils effet? La forte poussée du FN motivera-t-elle les sympathisants de gauche à se déplacer au bureau de vote? En tout cas, personne n’attend un rebond extraordinaire de la participation.

La gauche doit transformer l’essai
L’opposition doit absolument gagner un ou deux départements lors de ce scrutin pour confirmer sa victoire. Le Jura et les Pyrénées-Atlantiques semblent mûrs pour basculer. Ce sera aussi l’occasion pour la gauche de tester son union à quatorze mois de la présidentielle. Malgré la photo de famille sur une péniche dimanche soir, ça a grincé entre écolos et Front de gauche dans l’entre-deux tours. Les premiers ont refusé de se désister lorsque les candidats du second sont arrivés en tête et que la droite est éliminée. Le PS veut minimiser cet «accroc à l’union» mettant en avant les accords dans 98% des cas mais la brouille pourrait empoisonner les discussions en vue de 2012.

Les premiers conseillers généraux FN?
Quelque 15% au premier tour au niveau national, 19% de moyenne si on ne s’attache qu’aux cantons où le FN était présent. Une percée pour le parti de Marine Le Pen qui confirme les très bons sondages sur sa personne depuis plusieurs mois. Le FN, qui s'est maintenu dans plus de 400 cantons, avec une majorité de duels PS/FN. Le Front national ne donne pas d’objectif précis, si ce n’est d’avoir ses premiers élus. Il espère des sièges dans le Nord, le Pas-de-Calais, le Var, les Bouches-du-Rhône, les Alpes-Maritimes ou encore dans l'Est. Marine Le Pen aimerait prouver que le verrou autour de sa formation a sauté et qu'elle peut désormais capter une partie de l'électorat UMP.

Le comportement des électeurs de l’UMP
C’est LA question de ce second tour. Dans plus de 200 cantons, les électeurs de l’UMP n’auront le choix qu’entre un candidat PS ou FN. Que feront-ils? Le parti présidentiel, au prix de multiples couacs, a donné sa ligne de conduite: «ni FN, ni front républicain». Jean-François Copé veut laisser les électeurs «libres de leurs choix», rompant avec la tradition qui voulait que la droite appelle à voter socialiste. Un choix validé à 77% par les sympathisants de l’UMP, d’après un sondage Ifop pour France Soir. Porteront-ils leurs voix sur le candidat frontiste, validant l’analyse de Patrick Buisson, conseiller de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, sur la porosité entre les électeurs du FN et UMP. Feront-ils valoir le front républicain? Voteront-ils blanc comme le conseille Xavier Bertrand, ou iront-ils à la pêche à la ligne comme le suggère le député UMP Claude Goasguen. Nul doute en tout cas que leurs votes seront analysés à la loupe.