Accusé d'être en «croisade islamophobe», Claude Guéant maintient ses propos et dénonce «un procès en sorcellerie»

POLÉMIQUE 'opposition tombe à bras raccourcis sur le ministre de l'Intérieur qui multiplie les petites phrases à quelques jours du débat sur la laïcité...

J. M.

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Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, à l'Elysée, le 23 mars 2011.
Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, à l'Elysée, le 23 mars 2011. — Benoît Tessier / Reuters

 Claude Guéant est-il «le ministre qui murmurait à l’oreille du FN»? C’est en tout cas l’avis du patron des députés PS Jean-Marc Ayrault, réagissant à la dernière sortie du ministre de l’Intérieur sur les usagers des services publics, priés de cacher une «quelconque préférence religieuse». Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy Henri Guaino a eu beau voler au secours de son ancien camarade de L’Elysée ce vendredi, dénonçant le «climat d'hystérie» autour de ces déclarations, le ministre est sous le feu d’un tir nourri de reproches.

Croisade islamophobe

«Membre du gouvernement depuis seulement 26 jours, Claude Guéant a déjà largement égalé Brice Hortefeux dans le registre des petites phrases douteuses, voire nauséabondes», s’est outré Europe écologie - Les Verts, accusant le ministre de mener une «en croisade islamophobe» sous prétexte de préparer le débat sur la laïcité organisé par l’UMP le 5 avril.

«Nous ne sommes pas en croisade en Libye et il n'y a pas en France d'obligation pour les usagers du service public, ce sont des citoyens libres», a de son côté lancé Dominique de Villepin. L’ancien Premier ministre a dénoncé «la tentation du côté de l'UMP de redessiner une France aux couleurs du FN». «Personne n’est dupe», a répondu l’ancien président du parti frontiste. Car pour Jean-Marie Le Pen, «ils essaient de réparer les pots cassés entre les deux tours (des cantonales, ndlr), en essayant de faire croire que dans le fond, sinon M. Sarkozy, M. Guéant au moins, qui est son bras-droit, dit des choses que M. Sarkozy ne peut pas dire».

«On ne peut pas tous les jours avoir à s'exprimer sur les propos de M. Guéant»

Si le socialiste Razzy Hammadi a dénoncé une «obsession chronique» du ministre pour la question musulmane, Martine Aubry a estimé qu’«on ne peut pas tous les jours avoir à s'exprimer sur les propos de M. Guéant qui au lieu d'unir les Français - c'est son rôle, il est ministre de l'Intérieur - les divise, les oppose et tient effectivement les thèses proches du Front national». «Je demande une chose à M.Guéant : qu'il s'occupe des Français et de leur sécurité.», a réclamé la patronne du PS.

L’intéressé a accusé le PS de «tronquer» et de «déformer» ses propos. Son ami Henri Guaino reproche ce vendredi à l’opposition de les «caricaturer». Sorti de toute considération sémantique, le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a de toute façon tranché en affirmant qu’il n’est «pas question de remettre en cause» la possibilité de porter des signes religieux pour les usagers des services publics.

Le ministre de l'Intérieur a maintenu ce vendredi «l'ensemble de ses propos» et a dénoncé «un procès en sorcellerie».

 

 

 

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