Au Mans, Martine Aubry et Cécile Duflot affichent leur entente

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Avant de travailler ensemble à 2012, Martine Aubry (PS) et Cécile Duflot (Europe Ecologie-Les Verts) ont affiché mercredi leur entente en campagne dans la Sarthe, fief de François Fillon qui pourrait basculer à gauche dimanche au second tour des cantonales.

Après la péniche où Pierre Laurent (PCF) les avaient rejointes dimanche, les deux dirigeantes se sont retrouvées mercredi dans un TGV pour Le Mans bondé de journalistes. "Chacun est sur le terrain", "les responsables de gauche sont tournés vers les Français" pour "amplifier le score du premier tour", a dit la patronne du PS, assise au côté de celle des écologistes.

Pour contrer le FN, leurs deux formations (et le PCF) sont convenues de soutenir au deuxième tour le candidat arrivé en tête, voire de voter UMP si la gauche est absente. Mais dans les cantons où la droite a été éliminée au premier tour, les écolos refusent de procéder au désistement mutuel: au total, EELV sera donc engagé dans 37 duels à gauche, principalement contre le PS.

Après s'être échangé des bonbons et quelques compliments ("très agréable de travailler ensemble" selon Duflot, "bonnes relations de confiance" pour Aubry), elles ont été accueillies en gare du Mans par Stéphane Le Foll (PS) et des syndicalistes de la Poste avec des "Martine avec nous".

En car jusqu'au canton du Mans sud-est, et après avoir traversé au pas de course le quartier et un hypermarché en serrant quelques mains, les deux responsables ont affiché leur soutien au PS Christophe Counil qui affronte un candidat FN dimanche, lors d'une réunion publique où chacune a reçu son pot de rillettes.

Pour Mme Aubry, la Sarthe "a besoin de passer à gauche" pour "défendre nos valeurs", la droite ayant "perdu son âme" en "préférant le Front national au Front républicain".

"Après la cacophonie gouvernementale sur le FN, le choix de la Sarthe de François Fillon s'est vite fait", a expliqué Jean-Vincent Placé (EELV). Et François Lamy (PS) d'ajouter qu'il fait "partie des départements jouables". La gauche pourrait ravir trois cantons mais elle est en position difficile dans trois autres.

Pourtant ici, malgré l'unité affichée par les directions nationales, les écologistes "restent très en colère" contre les socialistes et n'appellent "pas formellement" à voter pour eux, reconnaît Isabelle Sévère, candidate EELV battue au Mans-centre et qui anticipe votes blancs et abstention, tout en appelant à contrer la droite.

"Les électeurs ne sont pas des boîtes de petits pois qu'on déplace d'une étagère à l'autre" et il faut faire comprendre au PS que "nos revendications doivent être prises au sérieux pour 2012", renchérit Alexis Braud, candidat malheureux à Sablé-sur-Sarthe, fief du Premier ministre.

Depuis l'Assemblée, M. Fillon a attaqué le PS, coupable en son temps d'avoir fait "la courte échelle" au FN.

"Maintenant ça va être de notre faute si le FN est au score où il est et surtout, si la droite n'arrive pas à se mettre d'accord sur le FN!", a ironisé Mme Aubry, estimant n'avoir "pas de leçon à recevoir" du Premier ministre après son silence sur les Roms ou la casse des services publics.

"Ca rend plus nécessaire encore ce qui va commencer au lendemain des cantonales: l'alternative à Nicolas Sarkozy", a argué Mme Duflot pour qui "2012 se joue tous les jours".

Après cette visite express de deux heures, la tournée continue. Jeudi, Mme Duflot sera à Avignon et à Lyon. Mme Aubry prendra la direction du Jura.

Une gauche rassemblée, "c'est bon pour le PS, pour la gauche et aussi pour Martine Aubry", confie un proche, un oeil sur la présidentielle.