Fillon: sur le FN, aucune leçon à recevoir du PS

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François Fillon, interrogé à l'Assemblée sur les atermoiements de la majorité quant à la stratégie électorale à adopter face au Front national, a contre-attaqué mercredi en jugeant que le PS, coupable en son temps d'avoir fait "la courte échelle" au FN, était disqualifié sur le sujet.

"J'ai toujours combattu le FN et ça n'est pas aujourd'hui que je vais changer d'avis", a affirmé le Premier ministre, selon qui "les partis extrémistes n'ont jamais été porteurs que de grandes désillusions et de graves souffrances pour les Français".

En 1998, la droite a préféré "perdre des régions plutôt que d'être l'otage du FN. Cette année-là, deux hommes à la tête du RPR ont préféré leurs valeurs à une victoire électorale", a-t-il également noté, citant Philippe Séguin, son ancien mentor, et le président de la République, Nicolas Sarkozy.

Mais M. Fillon, dont l'appel à "voter contre le FN" au second tour des cantonales avait été perçu comme une prise de distance vis-à-vis de la stratégie élyséenne du "ni-ni" (ni FN, ni front républicain avec la gauche), s'est surtout lancé dans un réquisitoire contre le Parti socialiste.

"S'il y une formation politique qui n'est pas qualifiée pour nous questionner sur notre attitude à l'égard de l'extrême droite, c'est vraiment le parti socialiste", a asséné le chef du gouvernement, qui répondait à une question de Philippe Plisson (PS).

"Nous ne lui avons jamais fait la courte échelle, nous n'avons jamais fait entrer à l'Assemblée nationale 35 députés (du FN) en changeant le mode de scrutin", a-t-il accusé, en référence à l'instauration en 1986 de la proportionnelle à la demande du président François Mitterrand.

Estimant que le PS cherchait désormais à s'ériger en "professeur de vertu", il a également renouvelé ses critiques envers les "torrents d'insultes" déversés, d'après lui, par l'opposition sur Nicolas Sarkozy "et la majorité".

Cette attitude contribue à créer "un climat qui laisse penser que tout est possible dans la République y compris les votes les plus extrêmes", a avancé le Premier ministre, invitant les socialistes à se montrer "aussi prompts à combattre le programme insensé de l'extrême gauche".

Lors du second tour des cantonales dimanche, "encore une fois nous allons agir en fonction de notre conscience et conformément à nos valeurs", a conclu François Fillon.