«Croisade»: Guéant dénonce une «manipulation»

POLITIQUE Et il conseille à ses critiques de lire le dictionnaire...

© 2011 AFP

— 

Le nouveau ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, lors de sa première séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 1er mars 2011.
Le nouveau ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, lors de sa première séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale, à Paris, le 1er mars 2011. — Thierry Chesnot/SIPA/

Claude Guéant ne veut pas laisser la polémique se développer. Le ministre de l'Intérieur a dénoncé mercredi devant l'Assemblée nationale une «manipulation» à propos de la polémique née de ses propos sur la «croisade» au sujet du rôle de la France dans l'intervention armée en Libye. «Tout simplement on me fait dire ce que je n'ai pas dit», a déclaré Claude Guéant, en réponse à une question du député (PS) Christian Paul.

>> Pour suivre en direct l'intervention en Libye, c'est par ici

«J'ai dit: ‘Heureusement, le président a pris la tête de la croisade pour mobiliser le Conseil de sécurité (des Nations unies)’, et vous traduisez en disant que je prêche la croisade en Libye, voire, j'ai lu cela dans les déclarations de votre première secrétaire (du PS, Martine Aubry), que je prêchais la croisade de l'Occident contre l'Orient. Eh bien c'est une manipulation», a-t-il fustigé.

«On fait dire aussi aux mots ce qu'ils ne signifient pas. Depuis le XIIe siècle, la langue française a évolué», a poursuivi Claude Guéant, en invitant le député à «lire le dictionnaire tout simplement». «Quelle est la définition que donne du mot croisade Le Petit Larousse? C'est une campagne menée pour créer un mouvement d'opinion. Le Petit Robert complète: c'est une tentative pour créer un mouvement d'opinion dans une lutte».

«Maladresse» pour Juppé

«C'est exactement ce qu'a fait la France, et je crois que les Français ont tout lieu d'être fiers de ce que leur pays, fidèle à ses valeurs, ait empêché un massacre en Libye», a-t-il encore dit.

Lundi, au Talk Orange Le Figaro, Claude Guéant avait rendu hommage au rôle de Nicolas Sarkozy pour l'intervention en Libye en affirmant: «Heureusement, le président a pris la tête de la croisade pour mobiliser le Conseil de sécurité des Nations unies, et puis la Ligue arabe et l'Union africaine». Ces propos lui ont immédiatement valu les critiques, notamment, de Martine Aubry et du président du Modem, François Bayrou.

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a qualifié mercredi de «maladresse» l'emploi du mot «croisade» par Claude Guéant, ajoutant que cela «n'a rien à voir avec ce qui se passe» en Libye.