Cantonales 2011: Des consignes de vote utiles ou futiles?

POLITIQUE Donner des instructions sera-t-il efficace pour le deuxième tour des élections de dimanche?...

Anne-Laëtitia Béraud

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Au premier tour des élections cantonales, le samedi 20 mars 2011, dans un bureau de vote à Lyon.
Au premier tour des élections cantonales, le samedi 20 mars 2011, dans un bureau de vote à Lyon. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

La cacophonie sur les consignes de vote des responsables UMP pour les élections de dimanche a laissé apparaître des failles au sein de la majorité. Mais les électeurs sont-ils sensibles à la ligne du parti quand ils votent? 20minutes.fr pose la question…

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«Donner une consigne de vote? C’est indispensable pour un parti», lance Frédéric Dabi, directeur du département opinion publique de l'Ifop. Mais l’affaire n’est pas si facile. «Il y a deux principes antagonistes: d’un côté, le parti politique n’est pas propriétaire de ses voix, et de l’autre côté, il lui faut donner une ligne claire à ses électeurs», ajoute le sondeur.

Des électeurs rétifs aux consignes de vote? Cela s’est déjà vu. «On observe une résistance des votants, qui disent aux politiques: “Laissez-nous tranquille”», analyse Emmanuel Rivière, directeur de département stratégies d'opinion à l’institut TNS Sofres. Preuves de cette résistance: au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2002, les électeurs d’Arlette Laguiller ont voté pour Jacques Chirac face à Le Pen, bien que la candidate de Lutte ouvrière ait appelé à ne voter pour aucun des prétendants. Résistance également à la présidentielle de 1988, où le rassemblement des droites, numériquement majoritaire au premier tour, n’a pas permis l’élection de Jacques Chirac. 

Se démarquer de Nicolas Sarkozy 

«Pour exister dans le champ politique, il faut donner des consignes», rétorque Frédéric Dabi, qui ajoute que «la discipline républicaine fonctionne régulièrement depuis une quarantaine d’années». Le but? Fédérer son électorat, gagner en lisibilité, même si le responsable appelle à la conscience individuelle des électeurs. 

Mais la consigne de vote se doit d’être claire, et unique, relève le sondeur: La cacophonie des responsables de l’UMP des derniers jours a nui, tant au message qu’à l’image de la majorité. Et surtout, «une ligne jaune a été franchie», analyse Emmanuel Rivière. «Les responsables UMP ne se sont pas tus devant la parole du présidentielle», ajoute le sondeur. Pourquoi? «En se démarquant de Nicolas Sarkozy, il y a en vue l’élection de 2012», conclut-il.