Maxime Gremetz: «Nous avons à la tête de l'Assemblée un petit toutou nommé Bernard Accoyer»

INTERVIEW Le député apparenté communiste a été exclu temporairement de l'Assemblée après un esclandre...

Propos recueillis par Julien Ménielle

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Le député Maxime Gremetz à l'Assemblée nationale en mai 2010.
Le député Maxime Gremetz à l'Assemblée nationale en mai 2010. — AFP PHOTO/JACQUES DEMARTHON

Pour un esclandre en pleine réunion sur le Japon, Maxime Gremetz a été exclu 15 jours de l’Assemblée, et sera privé de la moitié de son indemnité parlementaire pendant deux mois. Une «censure avec exclusion temporaire» qui constitue la plus lourde sanction prévue contre un député par le règlement de l'Assemblée. Maxime Gremetz a répondu aux questions de 20minutes.fr, sans prendre de gants, comme à son habitude.

Comment réagissez-vous à votre exclusion temporaire?
Ha ils ont rendu leur décision? Vous me l’apprenez. Moi j’attends devant l’Assemblée qu’ils me rappellent. J’ai fait 130 kilomètres pour venir d’Amiens, ils étaient 30 ou 40, on m’a entendu 10 minutes et ils n’ont même pas le courage de me le dire en face. Ils tapent les petits à la caisse, c’est normal. Ca fait des mois qu’ils rabaissent le Parlement et nous avons à la tête de l’Assemblée un petit toutou nommé Bernard Accoyer.

Vous en avez après le président de l’Assemblée?
Mais avec Jean-Louis Debré (ancien président UMP de l’Assemblée, ndlr), ça aurait duré une minute cette histoire! Il aurait fait dégager les voitures noires aux vitres fumées et leurs chauffeurs qui discutaient devant l’Assemblée et m’empêchaient de rentrer chez moi. D’ailleurs j’ai décidé de porter plainte contre Bernard Accoyer pour diffamation publique et dénonciation calomnieuse.

Ne pensez-vous pas que vous payez pour vos nombreux coups d’éclat?
Mais ce ne sont pas des coups d’éclat! Ce qui est juste est juste... Moi ça fait 33 ans que je suis député, et je n’ai pas de conflit d’intérêt. Alors quand j’ai quelque chose à dire, je le dis. J’en ai le courage, à leur différence puisqu’ils n’ont pas eu la décence et la délicatesse de me rappeler pour m’annoncer leur décision. Je veux voir la tête de mes bourreaux.