Cantonales 2011: L'union à gauche bute sur le Front de gauche

POLITIQUE Dissensions entre Front de gauche et Europe Ecologie...

Matthieu Goar
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Pierre Laurent, Martine Aubry et Cécile Duflot, le 20 mars 2011 au soir, à l'issue du premier tour des cantonales.
Pierre Laurent, Martine Aubry et Cécile Duflot, le 20 mars 2011 au soir, à l'issue du premier tour des cantonales. — F. GUILLOT/ AFP

Officiellement, la météo est au beau fixe pour la gauche française. Après la photo de famille de dimanche soir sur une péniche parisienne, la gauche s’est rassemblée, lundi après-midi, au siège du PS et a abouti à un texte commun. «Nous appelons toutes les forces de gauche (...) à s’unir pour battre la droite et l’extrême droite au deuxième tour des élections cantonales, derrière les candidats de gauche et écologistes arrivés en tête au premier tour », lancent les cosignataires que sont le PS, Europe Ecologie-Les Verts (EELV), le PCF, le PRG et le MRC.

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Sus à la droite et tous derrière le candidat de gauche, quelle que soit sa famille. Sauf que cette belle unité se fissure dans les cantons où deux candidats de gauche se retrouvent face-à-face au second tour. «Cela concerne une quarantaine de cas, détaille François Lamy, conseiller politique de Martine Aubry. Au PS, nous nous désisterons si notre candidat est arrivé deuxième.» Une position qui n’est pas partagée par les écologistes, qui ont prévu de se maintenir dans la plupart de ces cas de figure.

Le Front de gauche énervé par les écolos

Et cette position irrite beaucoup le Front de Gauche, notamment Jean-Luc Mélenchon, qui a snobé la réunion de la péniche dimanche, ainsi que celle rue de Solférino, lundi. Provoquant l’étonnement faussement naïf de Benoît Hamon : «Je ne comprends pas, il nous connaît bien pourtant.»

Mais Mélenchon connaît surtout les enjeux locaux de ce scrutin. En se maintenant dans certains cantons de Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne, deux des derniers bastions du PCF, les écologistes gênent les candidats du Front de gauche. «Un petit nombre de cas mais dans des endroits très importants», avoue Pierre Laurent, secrétaire national du PCF qui s’est rendu, «optimiste» selon ses propres mots, aux premières réunions de dimanche soir et semble avoir depuis changé d’avis. 

«Il y a des partenaires qui n’ont pas été loyaux à son égard. A peine a-t-il tourné les talons qu’Europe Ecologie décidait de se maintenir partout. (...) La règle est celle du désistement en faveur du candidat de gauche le mieux placé. Peut-être qu’Europe Ecologie procède d’une autre tradition politique et ne le sait pas», tance Jean-Luc Mélenchon, presque moins offensif que d’autres, qui voient en sous-main des manœuvres socialistes. « Le PS laisse la bride sur le cou d’Europe Ecologie. En jouant sur les rapports de force,  les socialistes veulent sans doute récupérer la présidence du Conseil Général du Val-de-Marne dans un coup à 3 bandes », glisse un dirigeant du Front de gauche.