Cantonales: Abstention record de 55,63% au premier tour

ÉLECTION lus d'un Français sur deux n'a pas voté pour ce dernier grand rendez-vous électoral avant la présidentielle et les législatives de 2012...

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Au premier tour des élections cantonales, le samedi 20 mars 2011, dans un bureau de vote à Lyon.
Au premier tour des élections cantonales, le samedi 20 mars 2011, dans un bureau de vote à Lyon. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

L'abstention a atteint le niveau record de 55,63% pour un premier tour des cantonales dimanche, plus d'un Français sur deux n'ayant pas voté pour ce dernier grand rendez-vous électoral avant la présidentielle et les législatives de 2012. Selon le ministère de l'Intérieur, moins de 10 millions d'électeurs se sont exprimés à l'occasion de ce scrutin qui concernait plus de 21 millions de personnes, soit 55,63% d'abstention.

«Cette forte abstention semble montrer que la majorité de nos concitoyens ne perçoit pas suffisamment l'impact dans leur vie quotidienne de l'action de leurs conseillers généraux, qui pourtant gèrent des compétences très importantes», a regretté le ministre de l'Intérieur Claude Guéant, lançant un appel à la mobilisation pour le second tour.

36,09% au premier tour en 2004

En 2004, lors des dernières élections concernant cette série de cantons, l'abstention avait atteint 36,09% au premier tour et 33,51% au second. En 2008, elle avait été de 35,12% au premier tour et de 44,53% au second. Le record d'abstention pour des cantonales avait été enregistré en 1988 avec 50,8% au premier tour et 52,9% au second. Seules les élections européennes ont enregistré un taux d'abstention supérieur à celui de dimanche: 59,37% en 2009, après 57,24% en 2004.

Conséquence directe, le seuil de qualification pour le second tour sera de 28% des exprimés, la barre ayant été relevée pour ce scrutin de 10% des inscrits à 12,5%, souligne Frédéric Dabi, de l'Ifop. Ce seuil va considérablement réduire le nombre de triangulaires au second tour.

Claudy Lebreton (PS), le président de l'Assemblée des départements de France réélu dans son canton des Côtes-d'Armor avec 61,32% des voix, a aussi relevé qu'avec un tel niveau d'abstention, des candidats ayant obtenu la majorité absolue des exprimés ne seront pas pour autant élus, faute d'avoir totalisé 25% des inscrits. Autre danger, a-t-il estimé, la faible participation risque de favoriser les extrêmes.

«Une illustration de la crise du politique en France»

Pour Frédéric Dabi, cette faible participation est «une illustration de la crise du politique en France, qui exprime le désenchantement des électeurs». «On est dans un cycle d'abstention croissante» depuis les municipales de 2008 (38,95% et 37,84%), qui s'est accentué avec les européennes de 2009 puis les régionales de l'an dernier (53,6% et 48,8%). Ce scrutin «n'a pas fait l'objet de la moindre campagne, avec aucun mot d'ordre national», a accusé M. Dabi. La droite a été très discrète et "les leaders socialistes se focalisés sur les primaires de leur parti», a-t-il poursuivi.

En revanche, Jean-Daniel Lévy de Harris-Interactive a interprété ce fort taux d'abstention comme «un message de mécontentement à l'égard du président de la République et de la politique» en général. Autre facteur, les conseillers généraux qui seront élus peuvent apparaître «dévalués» puisque qu'ils ne le sont que pour trois ans, au lieu de six ans précédemment. Avec la récente réforme, ils seront remplacés en 2014 par les conseillers territoriaux qui siègeront également à la région. Enfin c'est un scrutin «sec», qui n'a pas été couplé pour la première fois depuis 1994 à un autre scrutin.

La Seine-Saint-Denis a été le département le moins civique, avec une abstention de 67,30%, tandis que celui qui a le plus voté a été la Haute-Corse (32,21%). De manière générale, les départements ruraux se sont beaucoup plus mobilisés que les départements urbains, en particulier la région parisienne.