Victoire en demi-teinte pour le PS, en raison du vote FN

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Le PS a engrangé dimanche au premier tour des élections cantonales une victoire assombrie par la poussée du Front national et une abstention record, et a appelé au rassemblement de la gauche pour le second tour.

Selon les résultats partiels du ministère de l'Intérieur, le PS a obtenu 25,39% des voix, loin devant l'UMP avec 16,77% des suffrages. Toutefois, l'extrême droite enregistre une poussée avec 15,06% des voix. L'abstention était estimée à environ 55%.

"Les Français ont mis la gauche, notamment le Parti socialiste, largement en tête un peu partout", s'est félicitée dans une première réaction Martine Aubry. Selon elle, les Français "ont envoyé à la fois le message de l'exaspération qui est la leur à l'égard du gouvernement et leur volonté de changement".

"Ce n'est ni l'abstention ni le vote pour le FN qui permettront d'apporter des réponses", a cependant ajouté la Première secrétaire.

Les résultats du premier tour sont analysés au PS comme "un vote d'espoir autour de la gauche, un vote de rejet contre l'UMP, et un vote de peur avec le FN", selon la formule de François Kalfon, responsable des études d'opinion au PS.

L'ambiance était d'ailleurs plutôt grave rue de Solférino, où, très vite, les dirigeants ont appelé au rassemblement de la gauche pour contrer le FN au deuxième tour.

Mme Aubry, la secrétaire nationale d'EELV Cécile Duflot et le secrétaire national du PCF Pierre Laurent se sont réunis dans la soirée sur une péniche à deux pas de la rue de Solférino, pour solenniser l'annonce de ce rassemblement.

"Ce soir, la gauche est rassemblée pour rassembler la France, parce que la France a besoin d'être unie autour des valeurs de la République", a déclaré Mme Aubry. "Il faut faire échec à l'extrême droite", a souligné pour sa part Cécile Duflot, estimant que la poussée du Front national était "un échec pour tous".

"Nous voulons permettre les conditions du meilleur rassemblement pour battre la droite et l'extrême droite", a affirmé Pierre Laurent.

Les dirigeants socialistes ont également insisté sur leur engagement à faire barrage au FN au second tour.

"Nous ferons en sorte qu'il n'y ait aucun conseiller général FN", a lancé Mme Aubry. De son côté, François Hollande, ancien premier secrétaire du PS a déclaré qu'en cas de duel UMP/FN au second tour il fallait "faire barrage au FN" et "voter pour le candidat UMP".

Ils ont également fustigé les déclarations du secrétaire général de l'UMP Jean-François Copé, qui a laissé les électeurs "libres de leur choix" et s'est refusé à appeler à un front républicain face au FN.

"M. Copé ne choisit pas entre ceux qui défendent la République et ceux qui la combattent. A l'irresponsabilité, il ajoute le déshonneur", a déclaré le sénateur et membre de la direction socialiste David Assouline.

Ces élections constituaient aussi un rendez-vous crucial pour François Hollande, qui a conditionné sa candidature aux primaires socialistes à sa victoire en Corrèze.

"La victoire, je ne peux pas l'annoncer ce soir, elle s'esquisse, elle est en filigrane, mais elle n'est pas encore acquise", a déclaré M. Hollande.

Selon des estimations provisoires, alors que la gauche détient 58 départements sur 100 où les cantons sont renouvelés, le PS pourrait faire basculer le Jura, la Loire et les Pyrénées-Atlantiques, tous trois en ballottage favorable.

Le cas de la Sarthe, fief du Premier ministre François Fillon, paraît plus difficile.