Europe Ecologie et le Front de gauche se disputent la 2e place à gauche

© 2011 AFP

— 

Malgré la percée du FN, Europe Ecologie-Les Verts s'est satisfait dimanche de ses résultats au premier tour des cantonales, tandis que le PCF, avec le Front de gauche, comptait bien garder sa place de deuxième force à gauche ravie par les écologistes aux européennes.

Après une longue réunion avec les cadres du parti au siège du rassemblement, Cécile Duflot est apparue devant la presse vers 21H00, appelant "tous les électeurs à faire barrage" au FN après la "claque pour tous les démocrates" que représente la poussée du parti de Marine Le Pen et son discours "haineux".

"Dans ce tableau déprimé et déprimant", Eva Joly a souligné "les très bons scores d'Europe Ecologie avec parfois des pointes à 30%", estimant qu'EELV qui "porte l'espoir et un projet de réconciliation" est le mieux à même de "combattre les idées du FN".

Avec un "nombre de qualifiés EELV plus importants qu'imaginés" au 2e tour, comme dans le Rhône, l'Isère ou la Loire-Atlantique, Mme Duflot a parlé d'"excellente surprise". Et il n'y aura pas de désistement pour le PS "s'il n'y a pas de risque à droite".

Jean-Vincent Placé, son bras-droit, a également précisé qu'il n'était pas possible pour les "écolos" d'apporter leur caution au PS des Bouches-du-Rhône, avec ses "pratiques claniques et clientéliste".

Au total, EELV devrait se maintenir dans 60 cantons, "dont la moitié face au PS", selon Jean-Marc Brûlé, délégué aux élections, qui mise sur "50 conseillers généraux gagnés" au soir du 2e tour (24 élus Verts actuellement).

Pour autant, avec un score national de 8,3% selon le ministère de l'Intérieur et de 12% dans les cantons où ils sont présents, Mme Duflot a refusé d'ouvrir le champagne, car la catastrophe nucléaire au Japon "porte peu à la gaîté".

Elle ne s'est par ailleurs pas pressée pour aller sur la péniche où se sont réunis dans la soirée Martine Aubry (PS) et Pierre Laurent (PCF) pour le rassemblement de la gauche au deuxième tour.

De son côté, Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche), se félicitant de la "raclée prise par l'UMP", n'a pas rejoint sur la Seine les trois dirigeants de gauche pour ce qu'il a qualifié de "soirée privée", dans la mesure où "le NPA, notre allié dans 18 départements, a été tenu à l'écart". Et puis, "sur le terrain, la France de gauche sait déjà quoi faire" en barrant la route au FN, a-t-il lancé.

Avec un Front de gauche à plus de 9% selon le ministère, qui ne comptabilise pas l'ensemble des candidats FG dont certains sont classés extrême gauche, le quasi-candidat à la présidentielle a estimé avoir "atteint (son) objectif".

M. Laurent a lui aussi appelé à "battre le Front national", pointant "la responsabilité du gouvernement" dans l'abstention. Le numéro un communiste s'est aussi dit "plutôt confiant" pour conserver les présidences des deux départements PCF, le Val-de-Marne et l'Allier. Selon lui, le PCF devrait même, au second tour, augmenter sa centaine de conseillers généraux.

"Ca rigole pour nous", a dit à l'AFP un responsable PCF, notant que "tous les sortants du Val-de-Marne sont en tête" et qu'un canton (Aubervilliers) a été regagné en Seine-Saint-Denis, département ravi par le PS en 2008.

Quant à la vingtaine de duels FN-PCF de deuxième tour, ça ne devrait "pas poser trop de souci normalement" pour gagner, a-t-il fait valoir.

Au QG du Parti de gauche, on se félicitait que le FG soit "manifestement la deuxième force à gauche derrière le PS". "Notre pari de changer la donne à gauche est atteignable", a assuré Eric Coquerel, anticipant sur 2012.