Cantonales: le FN sur le devant de la scène politique, aux côtés du PS et de l'UMP

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Le Front national, qui pourra se maintenir dans plus de 200 cantons à l'issue du premier tour des cantonales où il élimine souvent l'UMP, s'installe sur le devant de la scène politique aux côtés du PS et de l'UMP désormais obligés d'en tenir compte.

Les élections de 2004 "était déjà un bon cru, il semblerait que les élections de 2011 soient un meilleur cru encore", s'est réjouie dimanche soir la présidente du FN Marine Le Pen. "Il faut que (les électeurs) se déplacent au second tour et qu'ils renforcent en quelque sorte la vague bleue Marine qui apparaît ce soir".

"Ce n'est plus exclusivement un vote de protestation, mais un vote d'adhésion", s'est félicitée Marine Le Pen qui affrontait son premier scrutin à la tête du parti frontiste.

Peu avant 00H00, lors de ce scrutin marqué par une abstention record (55%), le FN enregistrait un score de plus de 15%, soit trois points de plus qu'en 2004, alors que ce type d'élections, dites de "notables", ne lui était a priori pas favorable.

Selon un décompte provisoire de l'AFP portant sur les résultats de 72 départements, le FN sera présent au second tour dans 206 cantons, avec des duels FN-PS dans 115 cantons, FN-UMP dans 36 cantons.

Le parti frontiste, qui n'a aucun conseiller général sortant, se présentait dans 1.440 circonscriptions sur 2.026 renouvelables, soit 75% des cantons représentant 82% de la population électorale.

En 2004, le FN, présent dans 1.850 cantons sur 2.035 renouvelables, avait obtenu 12,13% des suffrages au premier tour, 4,84% au second.

Pour Jérôme Fourquet (Ifop), interrogé par l'AFP, le "FN est revenu au premier plan de la vie politique française", en hausse par rapport à 2004 "alors qu'il est présent dans 400 cantons de moins".

"La grande ambition pour le FN est d'être dans de nombreux endroits la seule alternative à la gauche", a-t-il dit.

Avec une abstention à 55% et le "score historiquement bas" (16%) de l'UMP, "on a un nombre important de duels FN-gauche, d'où la question stratégique des consignes de l'UMP", a-t-il ajouté.

Le patron de l'UMP Jean-François Copé a laissé les électeurs du parti présidentiel "libres de leur choix", refusant le vote FN et le "front républicain".

Mais de nombreux ténors de la majorité, en ordre dispersé, ont appelé à voter à gauche, comme la ministre de l'Enseignement supérieur Valérie Pécresse ou le président du Parti radical (associé à l'UMP), Jean-Louis Borloo.

Comme attendu, le FN réalise ses meilleurs scores dans le Nord, le Sud-Est ou le midi, où dans de nombreux endroits il va jusqu'à doubler ses scores de 2004.

Dans le Pas-de-Calais, sur le canton de Montigny-en-Gohelle où votait Marine Le Pen, Steeve Briois, secrétaire général du FN, est en tête avec 35,88% des voix, contre le PS Jean-Marie Picque 31,20%.

Dans le Nord (canton de Cysoing), la candidate FN Annie Lemahieu, privée par FO de son mandat de déléguée syndicale, affrontera avec 19,19% des voix le candidat UMP (43,62%).

Dans les Pyrénées-Orientales, à Perpignan-9, Louis Aliot, vice-président du FN et compagnon de Mme Le Pen, arrive en tête avec près de 35% des voix.

Dans le Gard, selon des résultats provisoires, le FN était en situation de se maintenir dans 10 cantons, devançant par exemple d'un peu moins d'un point l'UMP à Nîmes-4.

A Pont-Saint-Esprit, avec quelque 37%, il double ses voix et affrontera le PS au second tour.

A Fréjus (Var), le candidat FN enregistre 39% contre l'UMP (34%).

Seule défaite: à Nice, où l'ancien maire de la ville Jacques Peyrat (21%), soutenu par le FN, a été éliminé dès le 1er tour.