Cantonales: poussée du FN qui talonne l'UMP, progression de la gauche

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Le premier tour des élections cantonales, dernier scrutin au suffrage universel avant les grands rendez-vous de 2012, a été marqué dimanche par une poussée du Front national, qui talonne l'UMP, et une progression de la gauche, sur fond d'abstension record.

Avec 86% des bulletins dépouillés, le PS obtenait 25,62% des voix, l'UMP 16,34%, le FN 14,71%, Europe Ecologie-Les Verts 7,79% et le Front de gauche près de 9%, selon des résultats de l'Intérieur. Le ministre Claude Guéant a crédité la majorité présidentielle de 32,5%.

Le taux définitif de participation à l'issue du dépouillement complet "ne devrait pas dépasser 45%", a indiqué le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, qui a déploré, à l'instar de nombreux responsables politiques, "la plus faible participation enregistrée aux élections cantonales".

La présidente du Front national Marine Le Pen a aussitôt salué un succès "historique" pour son parti, presque au coude-à-coude avec l'UMP, étiquette à laquelle de nombreux candidats de la majorité présidentielle ont préféré celle de Divers droite pour cause d'impopularité de Nicolas Sarkozy.

Résultat: outre la perspective de multiples duels PS-FN au second tour -52 comptabilisés à 22H30 par l'AFP-, la question du positionnement des uns et des autres par rapport au parti d'extrême droite alimentait tous les commentaires.

"Nous laissons nos électeurs libres de leur choix" quand l'UMP est absente au second tour, a lancé le patron du parti présidentiel Jean-François Copé, refusant de choisir entre le vote FN et le front républicain.

Une prise de position logiquement rejetée par la gauche, qui y voit "une ambiguïté coupable", a réagi le sénateur PS David Assouline. Même tonalité du côté du MoDem: "La position de l'UMP est irresponsable, il faut voter pour le candidat qui est contre le FN", a déclaré son porte-parole Yann Wehrling.

Cécile Duflot (EELV) a également appelé les électeurs de son parti à "faire barrage au FN avec leurs bulletins de vote partout où il sera présent".

La numéro un du PS Martine Aubry a eu de nouveau des mots durs pour le président Sarkozy qui "abîme la République" et "est pour beaucoup dans le score du Front national". Elle a appelé "tous les Français à amplifier leur vote au second tour" dimanche prochain.

A l'issue d'une réunion avec Cécile Duflot (Europe Ecologie-Les Verts) et Pierre Laurent (PCF), les trois leaders ont appelé ensemble au rassemblement pour le second tour, afin d'"amplifier" leur victoire et de contrer le FN.

"L'UMP s'est pris une raclée et le FN lui a fait les poches", a ironisé Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche).

Rare voix discordante à droite, le député UMP Claude Goasguen a vu dans ce résultat "un avertissement" lancé à son parti "et à Nicolas Sarkozy".

Mais pour les autres responsables de la majorité le mot d'ordre était clair dimanche soir: relativiser la portée nationale du scrutin et appeler à la mobilisation. Le Premier ministre François Fillon a invité "chaque électeur" à se mobiliser "loin des postures démagogiques", appelant la "droite républicaine" à "se rassembler autour de ses valeurs".

Côté résultats, l'ancienne "première dame" Bernadette Chirac a été réélue à une voix près au premier tour en Corrèze. Le président de l'Assemblée des départements de France, Claudy Lebreton (PS), a été réélu dans son fief des Côtes-d'Armor, comme Michel Mercier, seul ministre candidat, dans le Rhône.

Le patron du Nouveau Centre et ex-ministre de la Défense, Hervé Morin, qui aimerait être candidat à la présidentielle, a été réélu dans l'Eure (68% des voix, selon son entourage).

Sur le plan départemental, la droite semble notamment en grande difficulté dans le Jura et la Manche, qu'elle pourrait perdre au deuxième tour.