Abstention, état des forces, FN : les enjeux des cantonales

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L'abstention, le rapport des forces politiques 13 mois avant la présidentielle ainsi que l'éventuelle progression du Front national sont les principaux enjeux des élections cantonales, dont le premier tour se déroule dimanche.

- L'abstention: responsables politiques comme experts craignent un record, entre 50% dans les cantons ruraux et 65% dans les zones urbaines. Le mode atypique de ces élections en est en partie responsable: la moitié seulement des cantons dans tous les départements (sauf Paris) ainsi qu'à Mayotte --qui s'apprête à devenir le 101e département-- sont renouvelables. De nombreux électeurs ignoraient encore cette semaine qu'ils devaient voter dimanche. S'agissant d'une élection locale, les partis, surtout à droite, mènent une campagne sur les enjeux de proximité. Enfin, c'est la dernière fois que l'on vote pour choisir son conseiller général, appelé à disparaître dans trois ans au profit du conseiller territorial.

Mais cette abstention va avoir un effet couperet sur les résultats. Pour qu'un candidat accède au second tour, il faudra qu'il recueille 12,5% du nombre des inscrits, au lieu de 10% auparavant. D'où l'intérêt pour les grands partis de mobiliser dès le 1er tour pour être présent au second.

- Le rapport des forces politiques: ces cantonales seront un élément de mesure de l'état des différentes forces, un peu plus d'un an avant la présidentielle.

. La gauche préside actuellement 58 départements sur 100. Elle a actuellement le vent en poupe dans les sondages dans la perspective de 2012. Elle a pour objectif de dépasser la barre des 60 départements. En privé, les dirigeants socialistes espèrent faire beaucoup plus. Plusieurs présidences sont dans leur viseur, en particulier le Rhône du garde des Sceaux Michel Mercier, la Côte-d'Or du chef de file du Nouveau centre à l'Assemblée François Sauvadet, ou le Loir-et-Cher du ministre de la Ville Maurice Leroy, dont le canton n'est pas renouvelable.

. La droite guigne la Corrèze de l'ex-numéro un du PS François Hollande, qui a fait du maintien à gauche de son département -- a priori probable -- le signal de sa candidature à la primaire socialiste pour 2012. Dans son viseur figurent aussi les départements franciliens du Val-d'Oise et de Seine-et-Marne. Elle redoute un nouveau vote sanction, après celui des régionales qui a permis à la gauche de présider 21 des 22 régions métropolitaines. Elle craint aussi une multiplication des duels PS-FN à l'issue du premier tour.

. Partenaires traditionnels du PS, Europe Ecologie-Les Verts d'un côté, le PCF avec le Parti de gauche (ils constituent le Front le gauche) de l'autre, veulent leur part du gâteau. EELV souhaite au moins doubler sa vingtaine de conseillers généraux. Le Parti communiste défendra sa centaine d'élus et ses deux derniers bastions, l'Allier et le Val-de-Marne, avec la présidentielle et les législatives de 2012 en ligne de mire.

- L'inconnue FN: le Front national de Marine Le Pen, qui affronte son premier scrutin à la tête du parti, aura pour défi de confirmer sa popularité croissante dans les sondages. Il n'a rien à perdre en terme de mandats, n'ayant aucun conseiller général sortant. Il se présente au premier tour dans 75% des cantons. Il est desservi par le mode de scrutin, majoritaire à deux tours.

- Le Sénat, prochaine étape: la moitié des sénateurs sera renouvelée en septembre par des grands électeurs, dont les conseillers généraux. Si de nombreux cantons passaient à gauche, cela compromettrait les chances de la droite de garder sa majorité à la Chambre Haute, rendant très délicate la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy.