Mélenchon critique «l'idée d’une France blonde aux yeux bleus» de Guéant

© 2011 AFP

— 

Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche (PG), a critiqué vendredi «l'idée d'une France blonde aux yeux bleus», défendue selon lui par le ministre de l'Intérieur Claude Guéant avec ses propos sur l'immigration.

«Je crains qu’hélas, ce ne soit sa conviction», «mais c’est stupide, c’est pas comme ça que la France va être grande (...). Mais enfin, est-ce que vous pouvez-vous coller dans le crâne qu’on est au 21e siècle, que votre idée d’une France blonde aux yeux bleus n’a jamais existé?», a dit le probable candidat du Front de gauche en 2012, sur RMC et BFM-TV.

Jeudi Claude Guéant avait affirmé que les Français «ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux» du fait d'une «immigration incontrôlée».

«Il y a eu une génération, c’était les juifs»

«Ce que je veux dire à Claude Guéant, c'est vous ne comprenez pas que la France a changé, qu'il y a maintenant cette terre de grands brassages et que nous avons ensemble des enfants, des petits-enfants, des tontons, des tatas, des grands-pères. Nous sommes une même famille», a fait valoir l'eurodéputé.

«Il y a eu une génération, c’était les juifs. Ca commence à bien faire. Ca n’a pas servi de leçon, ça? De regarder les autres de travers, de dire "celui-là il a le nez crochu, l’autre il a les oreilles décollées". Ca suffit pas? On va recommencer?», a-t-il demandé, soulignant que la France «est ardemment républicaine et pour l'essentiel ultra-majoritairement laïque».

Plainte du FN contre lui

Jean-Claude Mélenchon a par ailleurs affirmé qu'il allait désormais «peser (s)es mots» envers Marine Le Pen. «Je dois faire attention comme il y a une procédure judiciaire en cours», a-t-il dit alors que le FN a récemment déposé plainte contre lui pour «injures» auprès du doyen des juges d'instruction de Paris.

«Pourquoi voulez-vous que le peuple français soit le seul peuple qui ait envie d'avoir un fasciste à sa tête, pourquoi ils seraient comme ça les Français?», avait lancé Jean-Claude Mélenchon, interrogé sur les sondages plaçant Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle.