Quels enjeux pour les cantonales 2011, parti par parti?

POLITIQUE Le premier tour du scrutin a lieu dimanche...

Maud Pierron

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Photo de panneaux électoraux installés dans le centre  ville de Toulouse, prise le 15 mars 201,1 à l'occasion des élections cantonales des 20 et 27  mars.
Photo de panneaux électoraux installés dans le centre ville de Toulouse, prise le 15 mars 201,1 à l'occasion des élections cantonales des 20 et 27 mars. — E. CABANIS / AFP

A scrutin local, enjeu local? Pas si sûr, même si la droite tente de s’en convaincre pour minimiser la défaite annoncée. D’après un récent sondage Harris Interactive, le PS obtiendrait 32% des voix, l’UMP 28% et le FN 15%. La majorité est fragile dans une vingtaine de départements qui pourraient donc basculer. Mais ni le Parti socialiste ni l'UMP ne s'attendent à des bouleversements majeurs lors du renouvellement des quelque 2.000 conseillers régionaux. Avec le politologue Stéphane Rozès, président de la société CAP, 20minutes.fr a dressé les principaux enjeux, partis par partis, avec les sénatoriales de septembre en ligne de mire.                               

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L’UMP
Campagne très difficile pour les candidats UMP. Entre un remaniement raté, un climat «d’affaires» pesant et un président plombé par les sondages, la plupart d’entre eux ont choisi de ne pas afficher leur appartenance. Logique aussi puisque «les cantonales sont le scrutin local par excellence, où l’équation personnelle est plus importante que l’étiquette», juge Stéphane Rozès. Reste qu’à l’UMP,  «l’objectif, c’est de limiter la casse», empêcher la gauche d’attendre le seuil des 60 départements». La majorité a refusé de donner des objectifs chiffrés pour minimiser la probable défaite. Mais elle considère qu'elle aura gagné si elle récupère deux départements franciliens, la Seine-et-Marne et le Val-d'Oise. Un objectif a minima donc.

Le PS    
Le Parti socialiste gère déjà 56 départements. Et il aimerait à cette occasion «franchir la barre des 60 départements», a annoncé le secrétaire national aux élections Christophe Borgel. L’enjeu est double: «confirmer sa progression au niveau des territoires» en cours depuis 1994, explique Stéphane Rozès et engranger pour les sénatoriales qui s’annoncent serrées. Mais attention, une victoire de la gauche dans cette perspective serait «avant tout symbolique et psychologique» car les conseillers généraux ne représentent qu’une infime partie du corps électoral du Sénat. Dans cette optique, il faudra «avoir le triomphe modeste pour espérer faire basculer les grands électeurs», ajoute le politologue. Pour qui Martine Aubry ne joue pas grand-chose sur cette élection en vue de 2012 car «il reste encore trop d’interrogations au PS».

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Le FN    
Porté par Marine Le Pen, le FN nourrit l’ambition d’avoir ses premiers conseillers généraux. Il compte sur Steeve Briois dans le Pas-de-Calais, Jacques Peyrat à Nice, et Louis Alliot à Perpignan, pour créer la surprise. Pourtant, la partie est compliquée pour le FN puisque le seuil pour se maintenir au second tour a été relevé à 12,5% au lieu de 10%, dans l’optique d’éliminer la menace des triangulaires. «Avec l’abstention, il faudra réunir 30% des votes exprimés pour être à 12,5%, c’est beaucoup», note Stéphane Rozès. Même avec une locomotive nommée Marine. «Le succès du FN, c’est Marine Le Pen. Or, c’est un scrutin local. On ne pourra pas retrouver dans les urnes ce que promettent les sondages.»

Europe Ecologie –Les Verts
«Traditionnellement, ce n’est pas un scrutin facile» pour les écologistes.  Mais dopé par ses bons scores aux européennes et aux régionales, EELV a de l’espoir: 31 conseillers généraux aujourd’hui, ils en souhaitent une centaine le 27 mars. Ils s’en sont donné les moyens avec 1.500 candidats sur les quelque 2.000 cantons renouvelables. Y aura-t-il un effet Japon comme il y a eu un effet Home aux européennes? «C’est la question que tout le monde se pose. Vont-ils réussir à traduire dans les urnes leur discours anti-nucléaire?»,  s’interroge Stéphane Rozès. L’autre enjeu, c’est de faire un bon score» - hypothèse haute 12%, hypothèse basse 8% - pour «peser dans les négociations» en vue de 2012, ajoute-t-il.

Le Front de gauche
Pour le Front de gauche, c’est simple, l’objectif, c’est d’apparaître comme la deuxième force de gauche dans le duel à distance avec Europe Ecologie. Jean-Luc Mélenchon, pour qui les cantonales sont «le seul sondage» valable avant la présidentielle, table sur un «score à deux chiffres». Au PCF, on est légèrement moins optimiste. L’enjeux est de taille pour les négociations avec le PS en vue de 2012 quand les socialistes semblent privilégier leurs alliés verts.  Mais ce scrutin «est moins important pour le Front de gauche que le PCF», juge Stéphane Rozès. Les communistes «ont deux bastions» qu’ils veulent conserver à tout prix: l’Allier et le Val-de-Marne. Et ils se placent en «stratégie de reconquête» en Seine-Saint-Denis, ravi par le PS en 2008. «Sauf que l’évolution socio-démographique» ne leur est plus favorable, juge Stéphane Rozès.

Le centre
«La famille centriste devrait être moins touchée par le recul de la droite que l’UMP», estime Stéphane Rozès. Pourtant, François Sauvadet, le président du Nouveau centre et du Conseil général de la Côte-d’Or, joue gros: il n’a qu’une voix d’avance sur l’opposition. Le NC détient également la Mayenne et le Morbihan. Quelque 400 candidats sont présentés par le NC. Quant au Modem, il se fait discret: il ne détient aucun département et n’a pas beaucoup d’ambition.