Hulot appelle à "sortir du nucléaire" avant, peut-être, d'entrer en campagne

© 2011 AFP

— 

"Il faut sortir du nucléaire" : longtemps discret, voire évasif sur le sujet, Nicolas Hulot a, à l'occasion de la crise au Japon, clairement pris position sur cette problématique sensible avant, peut-être, de se lancer dans quelques semaines dans la course à la présidentielle.

L'animateur de télévision écologiste, qui suit les événements depuis l'Amazonie où il est en tournage, avait estimé dimanche que le nucléaire devait "faire l'objet, a minima, d'un débat national, d'un référendum".

Près d'une semaine après le tremblement de terre et le tsunami qui ont touché le Japon, il est allé plus loin en affirmant mercredi : "Mon sentiment, mais je dirais même ma conviction, c'est qu'il faut sortir du nucléaire".

"On ne peut pas en sortir comme ça, par un coup de baguette magique. Mais il faut garder ça comme objectif", a aussi dit sur Europe 1 celui qui devrait se prononcer en avril sur une éventuelle candidature à la primaire d'Europe Ecologie-Les Verts pour la présidentielle de 2012.

"On l'accusait d'une certaine timidité, mais maintenant qu'il est presque candidat, il s'avance", se réjouit le député Verts Yves Cochet, qui y voit un signe de la volonté de l'animateur d'Ushuaïa de se lancer dans la primaire.

"Aujourd'hui, il rejoint une majorité de Français qui ont compris que ce risque était inacceptable et inutile. C'est une bonne nouvelle", commente pour sa part l'eurodéputé EELV Yannick Jadot, ancien de Greenpeace.

"Jusqu'à récemment, il y avait chez lui, je crois, l'idée que face au défi climatique, le nucléaire pouvait parfois être un risque acceptable", ajoute-t-il au sujet d'un homme qui, à la tête de sa Fondation, est souvent resté évasif sur le sujet.

Lors de la campagne présidentielle de 2007, le promoteur du Pacte écologique s'était prononcé contre la construction de l'EPR de Flamanville (Manche) tout en soulignant que sortir du nucléaire serait complexe et coûteux.

Un récent rapport parlementaire s'est interrogé sur la position de Hulot et le fait qu'EDF soit l'un des principaux financeurs de sa Fondation.

"La position de Nicolas Hulot dans le Pacte écologique sur le nucléaire - en particulier sur l’EPR - est très loin du copier-coller de celle d’EDF", avait vivement réagi la Fondation, s'insurgeant de cette mise en cause voilée.

"Nicolas Hulot a toujours dit que le nucléaire n'était pas la solution", estime Serge Orru, directeur général du WWF-France.

"C'était peut-être moins tranché que (le réseau) Sortir du nucléaire et moins fort que Greenpeace, mais il n'y a jamais eu d'ambiguïté avec lui sur ce sujet-là", ajoute-t-il.

"Aujourd'hui tout le monde a compris qu'il y a un après-Japon" en matière nucléaire, selon M. Orru qui estime que "le drame du Japon doit nous permettre de sortir de nos postures" pour permettre un vrai débat sur le nucléaire.

"En France, avant, vous aviez une posture pro-nucléaire largement majoritaire dans le pays, il était très difficile de parler du nucléaire", rappelle-t-il.

La Fondation Hulot a, elle aussi, demandé lundi l'ouverture de ce débat sur les choix énergétiques en rappelant que, lors du Grenelle de l'Environnement, les ONG avaient accepté de ne pas discuter du nucléaire "à la condition qu'ait lieu un grand débat sur la production et la consommation d'énergie en France (nucléaire, énergies fossiles, renouvelables)".

Une demande appuyée mercredi par Nicolas Hulot : "On ne peut pas engager un pays, et ses voisins simplement par une décision politique. On n'est plus à l'époque du général de Gaulle qui décidait d'une manière souveraine."