Le FN pointe le "décalage" entre profits du CAC 40 et situation des Français

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Marine Le Pen (FN) a dénoncé jeudi le "terrible décalage" entre la situation des grands groupes du CAC 40, "plus florissante que jamais", et la situation des Français, "marquée par l'avancée de la crise et les conséquences des plans d'austérité".

Lors d'une conférence de presse consacrée aux "super-profits" du CAC 40, la présidente du Front National a estimé que les Français avaient "raison d'être choqués par l'injustice sociale effroyable que représente ce décalage entre d'un côté des montagnes de bénéfices amassés, et de l'autre côté une situation qui se dégrade, sur le front de l'emploi et du pouvoir d'achat".

Egrénant les bénéfices nets en hausse de groupes tels que Total, France Télécom, GDF Suez, Vivendi, BNP Paribas ou Société générale, Mme Le Pen a affirmé que "jamais depuis la Seconde guerre mondiale, les propriétaires du capital, les actionnaires, n'avaient reçu une part aussi importante des bénéfices: 36%, contre 7% aux salariés".

Le "sentiment d'injustice ressenti par les salariés est partagé par les dirigeants des petites et moyennes entreprises, soumises à un impôt sur les sociétés de 33,33%, alors qu'en moyenne les entreprises du CAC 40 parviennent à n'en payer que 8%", a-t-elle ajouté.

Le Front national fait plusieurs propositions, avec la "mise en place d'un +Etat stratège+ capable de définir des priorités stratégiques pour l'avenir et de rebâtir une politique industrielle digne de ce nom, au profit de tous".

Mme Le Pen a avancé ainsi une série de mesures: baisse de la TIPP, la taxe sur l'essence compensée par une "surtaxe exceptionnelle sur les profits des grands groupes pétroliers et gaziers", et "répartition plus équitable" des profits des groupes du CAC 40.

Elle propose également une "modulation de l'impôt sur les sociétés en fonction de l'utilisation qui est faite des bénéfices" et a demandé la fin de la +niche Copé+, une niche fiscale qui bénéficie "presque exclusivement aux très grandes entreprises", selon le FN.