Marine Le Pen: «Nous importons des chômeurs»

EXCLUSIF 20minutes.fr publie, en exclusivité, des extraits de la première interview de la présidente du Front national donnée à un magazine du Maghreb, Actuel...

Anne-Laëtitia Béraud

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Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse le 7 mars 2011
Marine Le Pen, lors d'une conférence de presse le 7 mars 2011 — HALEY/SIPA

Au plus haut dans les sondages en vue de la prochaine élection présidentielle, Marine Le Pen s’est confiée, pour la première fois, à un hebdomadaire marocain, Actuel. Elle y évoque ses positions sur les révolutions du sud de la Méditerranée, la suppression de la double nationalité, ou encore l’islam.

A la question de savoir si les révoltes dans le monde arabe constituent un progrès ou une menace pour l’Occident, Marine Le Pen est sans équivoque: «Pour l’Occident, elles constituent une menace (…) Je suis absolument ravie que des peuples accèdent à la démocratie. J’espère évidemment comme  l’ensemble des responsables politiques qui ont un peu de jugeote que cela ne permettra pas à  des groupes fondamentalistes de prendre le pouvoir.»

Suppression du droit du sol

A la crainte d’un «exode biblique» du Maghreb, la présidente du Front national répond: «Oui. Le colonel Kadhafi se faisait payer très cher pour maîtriser ses frontières et empêcher l’émigration clandestine vers l’Europe. Or, la France est particulièrement visée car elle a le système d’immigration le plus laxiste qui soit. Les flux de Tunisiens sont pour le moins incompréhensibles. Qu’on me dise qu’il faut donner l’asile quand il y a un régime totalitaire, je peux le concevoir. Mais en l’occurrence, ils fuient la démocratie…».

La suppression de la naturalisation, une idée chère à Marine Le Pen? Elle déclare à l’hebdomadaire: «Ah non, nous voulons la soumettre à un principe tout simple: la nationalité s’hérite ou se mérite. Nous sommes pour la suppression du droit du sol dont nous considérons que c’est un appel d’air considérable à l’immigration (…) Nous voulons donner un contenu à la nationalité française… à commencer par l’instauration de la préférence nationale. Je crois d’ailleurs que c’est une disposition appliquée au Maroc (…) Il est tout à fait normal qu’à compétences égales, un Marocain ait un accès privilégié à l’emploi».

«Je ne combats pas l’islam parce que c’est l’islam»

Sur l’immigration, la leader frontiste note que «la classe politique française s’est servie de l’immigration pour faire baisser les salaires à la demande des grands patrons. Ce fut l’origine de la vague migratoire qui n’a plus jamais cessé depuis et qui, pour le coup, ne se justifie pas du tout aujourd’hui avec cinq millions de chômeurs. Donc nous importons des chômeurs. (…) L’immigration choisie de Monsieur Sarkozy, c’est la proposition la plus indigne qui existe. Elle consiste à aller chercher les élites dans les pays qui en ont besoin. Donc à les condamner à la pauvreté à perpétuité. Pour les utiliser ici en les payant moitié prix! Ca n’a pas de sens».

L’islam, une question qui agite la classe politique française. Marine Le Pen considère qu’elle ne combat «pas l’islam parce que c’est l’islam. Je dis: vous êtes récents sur le territoire du fait d’une immigration massive que je conteste. Je suis pour la liberté religieuse et de culte. J’exige que toutes les religions se soumettent au cadre légal français». «Nous ne sommes pas dans une lutte contre une religion mais dans une lutte contre un Etat dans l’Etat». Et ajoute qu’«il existe des musulmans en raison d’une immigration trop importante. Il faut se fondre dans les lois et la culture du pays dans lequel on arrive. Voilà. Et ne pas avoir des exigences hors de proportion».

«Le communautarisme est un cancer»

Que propose la présidente du Front national pour changer la situation dans les banlieues? «Je propose de rétablir l’ordre et de s’attaquer avec la plus grande brutalité aux 5.000 types qui tiennent le trafic de drogue. Il faut éradiquer ces filières, mettre les voyous en prison, redresser l’école… Et pour ça, arrêter l’immigration. Quand il y a seize nationalités dans une école, on n’y arrive pas. Il n’y a aucune haine  et aucun racisme dans mon discours. Le communautarisme est un cancer de notre société. La France a grandi car elle est une et indivisible. Il n’y a pas de communauté. Il y a des individus».

Enfin, Marine Le Pen passe-t-elle, comme de nombreux hommes politiques français, ses vacances dans l’hôtel de luxe marocain La Mamounia? Elle répond à Actuel:« Nous je suis allée passer des vacances à Marrakech il y a trois ans. Pas à La Mamounia, mais dans un club tout simple». Une petite pique en référence aux vacances de la dernière ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie.

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